À l’Université de Toliara, une conférence internationale a mis en lumière les origines, la portée culturelle et les enjeux contemporains du tsapiky, en présence d’acteurs académiques et institutionnels.
Le 18 avril, l’Université de Toliara a accueilli une conférence internationale consacrée au tsapiky, musique emblématique du Sud-Ouest malgache, dans une approche scientifique et culturelle inédite. Présentée par le Docteur Souleman Ibrahim Andriamandimby, directeur des Sports et de la Culture de l’Enseignement supérieur, la rencontre a rassemblé chercheurs, étudiants et représentants institutionnels autour d’une réflexion approfondie sur ce patrimoine vivant.
Cette conférence s’inscrit dans une dynamique nationale visant à valoriser les résultats de la recherche scientifique dans plusieurs domaines, notamment l’anthropologie, la musicologie et les sciences humaines. Ces travaux mettent en évidence les impacts directs du tsapiky sur la société, mais aussi son potentiel en tant que patrimoine mondial reconnu par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), susceptible de favoriser le développement culturel et économique, notamment à travers le tourisme.
Au cœur des échanges, le tsapiky a été analysé bien au-delà de sa dimension festive. Les intervenants ont rappelé qu’il s’agit avant tout d’un facteur de cohésion sociale, un vecteur de lien et de joie collective, profondément ancré dans la vie du peuple de Toliara. Comme il a été souligné : « le tsapiky n’est pas seulement une danse, mais une expression de convivialité et d’unité ».
Les débats ont également abordé des thématiques essentielles comme le passage de l’oral à l’écrit, la transmission des savoirs, ou encore les messages éducatifs et parfois contestataires portés par cette musique.
Le ministre Gascar Fenosoa a insisté sur la nécessité de dépasser la perception uniquement festive de cette musique. Selon lui, le tsapiky doit être compris dans toute sa profondeur : « ce n’est pas seulement une fête ou une danse, mais un résultat de recherches et un patrimoine qui devient un ambassadeur de Madagascar dans le monde entier ». Il a également rappelé l’importance de mieux connaître son histoire, son évolution et ses perspectives d’avenir.
Cassie Ramiandrasoa