Il n’avait pas besoin de ça. Il n’a pas daigné se lever à l’appel du ministre de la Communication et de la Culture. Il ne voulait pas qu’on accroche son portrait dans les bureaux. Le colonel Michaël Randrianirina incarne le changement que le peuple a réclamé depuis le mois de septembre 2025. Du moins dans les pratiques traditionnelles dont on ne voit pas d’inconvénients. Certes, le respect de la hiérarchie, la déférence aux supérieurs sont ancrés dans les principes relationnels entre les employés et leur patron, mais de là à dépasser les bornes et faire montre d’une vénération divine, il y a une limite qu’il convient de ne pas franchir.
Mettre le grand, l’unique, l’inimitable Nelson Mandela sur le même niveau que le président de la Refondation, c’est un peu osé, voire insensé. Rajouter qu’il est investi d’une mission divine, c’est poussé un peu le bouchon. L’ex-président Andry Rajoelina a réalisé sur le tard que toutes les flagorneries de cette espèce ont fini par l’écarter du pouvoir. Le président de la Refondation n’a pas besoin de ces flatteries au ras des pâquerettes pour qu’on apprécie ses qualités, sa personnalité. Il devait bien connaître « le corbeau et le renard» pour savoir « que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute».
Du fromage, c’est la contrepartie d’une telle soumission. On s’en souviendra lors d’un remaniement.
Bien sûr, on n’oubliera pas de féliciter le couple présidentiel lors de leur anniversaire, l’anniversaire de leur mariage. C’est devenu un devoir d’État. Celui qui manque à cette tradition peut faire ses valises.
C’est ainsi que se gère le pays depuis plusieurs décennies. On a fini avec le royaume mais on a gardé les mêmes pratiques. On vit en total déphasage avec l’évolution. Or, c’est plus que jamais la Refondation. Certains n’en sont même pas conscients.
Sylvain Ranjalahy