Un litre de bière, une assiette de beignets, une soupe wan-tan : minimum syndical pour faire passer la visite technique à sa voiture. Heureusement qu’il y a cette présence quelque peu incongrue, mais bienvenue, d’un vrai restaurant dans l’enceinte de la «sécurité routière».
Les agents du service public ne sont pas des cerbères obsédés par la traque à l’anomalie. C’est-à-dire qu’ils font leur travail normalement. La procédure «alignement, jeton, visite proprement dite» ne pose aucun problème. Mais, débute alors une longue, très longue attente, des «papiers». Psychologiquement, on s’y prépare quand le bout de papier (contre le vrai jeton) porte le numéro 194 alors que le 152 vient seulement d’être appelé.
Et donc : un litre de bière, friandises, soupe frugale. Qui voudrait perdre deux heures s’il existait un barème officiel : 5 ariary pour obtention des papiers en 5 minutes; 3 ariary si attente moyenne ; 1 ariary si routine habituelle. Ce coefficient de 1 à 5, mais dûment officialisé et à strictement encadrer, ne contrevient pas à l’égalité devant le service public : le supplément acquitté par les gens pressés doit pouvoir servir à améliorer les infrastructures au bénéfice de tous les usagers. Et le système pourrait être généralisé à tous les services à longue file d’attente: état-civil, domaines, greffe...
L’extra très officiel rapportera uniquement aux caisses de l’administration. Un éventuel intéressement du personnel au chiffre d’affaires ne devrait toutefois pas être renié a priori.
Ce serait une sorte de prime de productivité et de satisfaction clientèle.
La loi 2004-030 «sur la lutte contre la corruption» date déjà de septembre 2004. «Concussion, ingérence, favoritisme, corruption proprement dite, trafic d’influence» : rien de tel dans cette nouvelle méthode, en toute transparence. Le coefficient à l’ariary n’achète pas la conformité obligatoire aux normes techniques de sécurité de soi et d’autrui, le tarif majoré accélérant seulement le traitement paperassier.
C’était entre midi et deux : créneau optimiste, mais opportunité pas optimisée. Et donc, un litre de bière en resto inattendu.
Nasolo-Valiavo Andriamihaja