Madagascar peine à s’imposer dans l’industrie pharmaceutique. Les laboratoires locaux font face à de multiples difficultés.
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| Hortense Randrianaivo, présidente de l’APM (au micro) avec d’autres pharmaciens de l’océan Indien, hier. |
Les produits pharmaceutiques fabriqués localement restent rares dans les officines. « Seuls trois ou quatre médicaments vendus sont produits localement, la grande majorité provient de l’étranger », confie un responsable d’une pharmacie à Ambohimangakely, hier.
Le pays demeure fortement dépendant des importations, la production nationale étant très limitée. « À ce jour, l’industrie pharmaceutique n’est pas en bonne santé », a déploré Hortense Randrianaivo, présidente de l’Association des pharmaciens de Madagascar (APM), lors d’une conférence de presse tenue hier, en prélude au 31e congrès de la Fédération des pharmaciens de l’océan Indien, prévu les 9 et 10 avril au CCI Ivato.
Cette pharmacienne spécialisée en industrie pharmaceutique illustre les difficultés du secteur à travers le cas d’un laboratoire de référence dans les années 1970-1980. « Dans les années 1980, il représentait 40 % du marché malgache. L’entreprise fabriquait alors jusqu’à 150 médicaments et produits cosmétiques. Aujourd’hui, elle n’en produit plus qu’une quinzaine », indique-t-elle. Une source au sein de cette entreprise, jointe par téléphone, confirme qu’elle « ne produit plus grand-chose ».
Difficultés
L’usine Pharmalagasy avait annoncé, en mai 2025, le lancement en phase de test commercial de sept médicaments génériques destinés au marché local. À ce jour, le projet n’a pas abouti : les produits ne sont toujours pas disponibles et le site de production à Tanjombato semble inactif. Les responsables de l’entreprise n’ont pas pu être joints.
Ces difficultés s’expliqueraient notamment par la surtaxation des intrants, qu’il s’agisse des matières premières ou des matériaux de conditionnement, tous importés. Faiblement soutenue, l’industrie locale peine à faire face à la concurrence et à des charges fiscales élevées.
Hortense Randrianaivo souligne toutefois l’existence d’autres acteurs valorisant les plantes médicinales, tels que l’IMRA, Homeopharma, Masoala et Vaniala. Des professionnels de santé appellent à une relance du secteur. Selon eux, le développement d’une production locale permettrait d’améliorer l’accès aux soins, en proposant des médicaments à des coûts plus abordables.
Réunion des pharmaciens de l’océan Indien à Antananarivo
Ce rendez-vous se veut un espace d’échanges entre professionnels de santé, chercheurs et acteurs du secteur, afin d’aborder les enjeux actuels et futurs de la santé publique dans la région.
Miangaly Ralitera
