PR YOËL RANTOMALALA - « Le projet de loi sur la greffe d’organes est de nouveau à l’étude »

Madagascar envisage la réalisation de greffes d’organes. Le projet de loi destiné à encadrer cette pratique a connu des avancées, selon le professeur Yoël Rantomalala, président de la Société malgache de néphrologie.


Où en est le projet de loi sur la greffe d’organes ?

Le projet de loi, qui avait été mis en suspens, est de nouveau à l’étude. Actuellement, il est en cours d’examen au niveau du ministère de la Justice, dans le cadre d’une procédure de lecture tournante. De nombreux acteurs sont impliqués dans ce processus : des techniciens, différents ministères, le système judiciaire, les autorités religieuses pour les questions d’éthique, l’Académie, les professionnels de santé, le secteur de l’enseignement ainsi que les différentes commissions au sein de l’Assemblée. On espère que ce projet progressera, compte tenu des besoins en transplantation rénale.

Qu’est-ce que la transplantation rénale ?

La transplantation rénale consiste à greffer un rein à un patient dont les reins ne fonctionnent plus. Ce rein peut provenir soit d’un donneur vivant, soit d’une personne victime d’un accident dont le pronostic vital est engagé, avec une issue de survie très incertaine. L’organe est alors prélevé pour être transplanté chez un patient qui en a besoin.

Quelles seront les modalités de mise en œuvre de la greffe d’organes dans le pays ?

Selon les orientations envisagées dans le projet de loi, les dons d’organes devraient principalement provenir de donneurs apparentés, c’est-à-dire des membres de la famille du receveur, afin de prévenir les risques de trafic d’organes.

Quels sont les avantages de l’adoption de cette loi ?

L’adoption de cette loi apportera notamment une protection juridique aux professionnels de santé. En effet, certaines pratiques sont déjà réalisées, sans qu’il s’agisse de greffes rénales, comme la greffe de cornée, dont ont déjà bénéficié 800 patients souffrant de troubles de la vision. Ces interventions ont été possibles grâce à des dons d’organes provenant de l’étranger. Jusqu’ici, ces actes ont été effectués en l’absence d’un cadre légal spécifique, notamment parce qu’ils ont permis aux patients de retrouver la vue après une greffe de cornée. Ces interventions ont toutefois été réalisées dans le respect des normes médicales. Le cadre juridique encadrant les greffes d’organes reste encore en cours de discussion.

Le plateau technique est-il prêt ?

Les besoins ne sont pas particulièrement importants en termes d’équipements. Il s’agit surtout de consommables médicaux et de médicaments, qui représentent la partie la plus coûteuse des greffes. Les blocs opératoires sont similaires à ceux utilisés pour d’autres interventions, mais nécessitent un niveau d’hygiène un peu plus élevé ainsi qu’une disponibilité constante des médicaments essentiels.

Miangaly Ralitera

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