SÉCHERESSE - Des usagers constatent une intensification de la crise de l’eau

De longues files de bidons s’alignent devant  une borne-fontaine.

Des clients de la Jirama dénoncent une dégradation notable de l’approvisionnement en eau. Cette dégradation est marquée par des coupures prolongées, une baisse de pression et une distribution de plus en plus irrégulière.

Les nuits se raccourcissent pour de nombreux usagers de la Jirama à Antananarivo. L’eau n’est désormais disponible qu’à des heures tardives, avec une pression de plus en plus faible, dans des quartiers qui n’ont pas connu ces problèmes auparavant. « Nous sommes contraints de veiller la nuit pour nous approvisionner en eau, car le robinet ne fonctionne qu’entre 23 heures et 4 heures du matin. Et il faut attendre plusieurs minutes pour remplir nos récipients en raison de la très faible pression. Cela peut nous prendre entre 5 et 10 minutes par bidon», témoigne un habitant d’Anjanahary, hier, en soulignant que ce n’était pas le cas auparavant. Dans certains quartiers de la capitale, certains ménages affirment ne recevoir aucune goutte d’eau pendant plusieurs jours.

Cette situation a des répercussions directes sur le quotidien et la santé des habitants. Chez les personnes souffrant d’hypertension artérielle, la situation aggrave leur état. « Malgré la prise de médicaments, la tension reste élevée, car le manque de sommeil a un impact direct sur la pression artérielle. », explique un homme vivant avec l’hypertension artérielle.

Alternatives

Outre les difficultés liées à la santé, les activités domestiques et économiques sont également perturbées. Les petits commerces peinent à fonctionner normalement faute d’approvisionnement régulier.

Certains usagers se tournent vers des solutions alternatives, souvent coûteuses. L’achat d’eau auprès de revendeurs ou de fournisseurs via des puits devient de plus en plus fréquent. « Nos dépenses mensuelles augmentent, car nous devons acheter de l’eau pour couvrir nos besoins. Cela revient à 200 à 250 ariary par bidon, sans compter les frais de transport », témoigne une source.

La Jirama explique cette dégradation de l’approvisionnement en eau par l’insuffisance de la production d’eau, estimée à environ 100 000 m³ par jour pour Antananarivo, la perte d’environ 45 % de la production d’eau, en raison des fuites sur les canalisations, des vols d’eau ou encore des compteurs bloqués non signalés par les usagers à la Jirama.

La Jirama annonce la mise en place d’un système de « tour d’eau », consistant en une distribution alternée pour que tous les usagers puissent être servis, l’approvisionnement par camions-citernes dans les zones totalement privées d’eau, de jour comme de nuit, pour résoudre ces problèmes d’approvisionnement en eau. D’autres solutions comme le remplacement des anciennes canalisations endommagées, responsables de pertes en eau, le remplacement gratuit des compteurs d’eau de plus de 15 ans et l’amélioration et l’extension de la station de Mandroseza afin d’augmenter la production d’eau sont également annoncées.

Miangaly Ralitera

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