MAMITIANA RAJAONARISON - «La Refondation doit être bouclée en décembre 2027»

Le Premier ministre a présenté son Programme de mise en œuvre de la Politique générale de la Refondation devant l’Assemblée nationale, hier. Dans son allocution, il a réaffirmé que la Refondation doit être bouclée en décembre 2027.

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, à la tribune  de l’Assemblée nationale, hier.

C’est dit. Dans son discours de présentation du Programme de mise en œuvre (PMO) de la Politique générale de la Refondation (PGR), équivalent de la Politique générale de l’État (PGE), devant l’Assemblée nationale, hier, Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, a affirmé la deadline de cette période transitoire. Selon ses dires, la Refondation doit être bouclée en décembre 2027.

« Le message a été clairement dit aux membres du gouvernement. Nous n’allons pas perdre de temps dans la mise en œuvre du Programme, car le délai est court. D’ici décembre 2027, la Refondation doit être achevée afin de permettre à ceux qui seront élus d’exercer leurs fonctions. Par conséquent, il n’est pas question de tergiverser. Le manque de moyens ne saurait constituer une excuse. Le travail doit impérativement être réalisé, sans délai ; tout ce qui doit être fait doit l’être immédiatement », a déclaré d’un ton ferme le locataire de Mahazoarivo.

Cette phrase est presque passée inaperçue, noyée dans l’exposé des priorités du PMO de la PGR que le Premier ministre a baptisé « Stratégie 10-52 ». Une stratégie dont la mise en œuvre devra donc se faire avant la fin de l’année 2027. Dans une certaine mesure, le chef du gouvernement répond indirectement aux questionnements d’une partie de l’opinion politique sur le maintien ou non du chronogramme inscrit dans le Programme de la Refondation, remis à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Le document remis à la SADC retrace les différentes échéances des différentes concertations, mais aussi celles du processus de référendum ou d’élection constitutionnelle prévu entre mai et juin 2027, et du processus de l’élection présidentielle, entre septembre et décembre 2027. Mamitiana Rajaonarison rappelle, toutefois, que « la concertation nationale est la base de la Refondation », soulignant au passage que toute prise de décision devra être « concertée ».

Le document remis à la SADC prévoit, néanmoins, que les échéances de mise en œuvre du processus de la Refondation « sont susceptibles de révision en fonction des changements imposés par la conduite des affaires nationales ». En soulignant la question de la concertation préalable à toute initiative dans le cadre de la Refondation, le locataire de Mahazoarivo répond indirectement à une des revendications de la Gen Z.

Priorités

À entendre le chef du gouvernement, la mise en place d’une Assemblée constituante ne devrait se faire qu’à l’issue de la concertation nationale. 

« Ce sera aussi à la concertation nationale d’évaluer si la mise en place d’une Assemblée constituante sera nécessaire ou s’il s’agit d’une initiative trop lourde. Je le réitère, toute démarche sera concertée », ajoute-t-il. Quoi qu’il en soit, par rapport au délai imparti, le défi que s’impose le Premier ministre et qu’il impose à son équipe est de taille.

D’autant plus qu’en parallèle à la Refondation, Mamitiana Rajaonarison soutient qu’il faut aussi tenir compte du volet socio-économique. C’est justement le sens de la « Stratégie 10-52 ». Le chiffre 10 représente « les dix batailles du gouvernement, ses dix priorités ». Il s’agit, entre autres, de l’accès à l’eau, du redressement du secteur de l’électricité, de la sécurité, de la production qui concerne notamment les différents secteurs agricoles, des infrastructures — surtout les routes — et de la création d’emplois.

La bonne gouvernance, la participation citoyenne, l’amélioration de la qualité et de la performance de l’administration, ainsi que la démocratie complètent les dix axes prioritaires des actions gouvernementales. Le chiffre 5, quant à lui, correspond « aux cinq facteurs de blocage qui empêchent le pays d’avancer », explique le Premier ministre.

À entendre l’exposé du Premier ministre, pour briser ces cinq « gros cailloux», comme il les qualifie, sans plus de précision, « le principe idéologique » serait de prioriser l’intérêt du pays. À cet effet, il compte renforcer la lutte contre la corruption et les crimes organisés en réorientant les axes d’efforts sur la lutte contre les abus de pouvoir et le recouvrement des fruits des malversations. Il évoque même l’éventualité d’une révision de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC).

« Nous allons briser la capture d’État et le monopole pour mettre en place une concurrence dans l’intérêt de la population », affirme également le chef du gouvernement, tout en réaffirmant « la gouvernance par le dialogue » parmi ses méthodologies de travail. Pour gagner son pari, le locataire de Mahazoarivo souligne que « comme nous n’avons que peu de temps, toutes les actions doivent avoir un impact concret sur la vie de la population ».

Il réitère le fait que chaque ministre est soumis à des indicateurs de résultats et annonce « des rapports sectoriels périodiques, soit tous les mois, soit tous les trois mois ». À l’entame de son discours devant les députés, Mamitiana Rajaonarison a défendu l’orientation du PMO-PGR en déclarant : « C’est mon choix. Donc, en cas d’échec, j’en assumerai seul la responsabilité et je ne la rejetterai sur personne. » Ainsi soit-il.

Garry Fabrice Ranaivoson

7 Commentaires

  1. 10 - 52 pour 2027 , on est sauvé. Vivement 2027 ... En attendant, bonne année 2026 à tous nos concitoyens.

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    1. Le gourou en fuite du bâtard peut rêver . Le geôle n'attendra pas 2027 !

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  2. Premiere promesse non tenue: il avait bien promis dans 2 ans, non?
    Et alors, on tire à la longue, je ne comprend pas qu'ils sont dans l'impuissance (oui: impuissance) d'organiser une élections dans les 6 mois. Vous avez une explication? Non plus?
    Et puis, combien de retards ils vont encore inventer apres? Non, ce n'est pas un transition, vous cherchez à vous établir dans la duré: je suis donc opposé.

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    1. Une vérité de la palisse que d'aucuns auraient bien flairé au début !

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  3. Avec du narratif on peut tout faire. Même des plans sur la comète.
    Mais quand celui-ci est bien global, de la réserve vient à l'esprit.
    Dire d' assumer seul la responsabilité en cas d'échec peut être percu comme une formule de simplification des tâches et de soustractions aux obligations respectives. Chaque entité étant tenue de rendre des comptes .
    A titre d'exemple, le gouvernement se déclare incompétent devant les mesures coercitives actuellement prises à l'encontre de certains éléments de la jeunesse, alors que d'aucuns n'ignorent que la mascarade judiciaire est une application réelle loin d'être une utopie. Que de simples allégations de séides sont des pilules à être avalées.

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    1. William alias DOUGLAS avec son pâle érudition toujours sans tête ni queue . La métaphore se noie dans des lignes philosophiques creuses que la réalité du terrain renvoie à son auteur . Les commentaires politiques ne sont pas l'apanage de " marchands du sommeil " toute proportion requise !

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