FUITES, RUPTURES, PRESSION - Le réseau d’eau d’Antananarivo craque

Les ruptures de canalisations se multiplient à Antananarivo. Des conduites d’eau seront remplacées.

Les travaux de réparation du tuyau qui a rompu à Antanimena.

L’étau se resserre. La Jirama fait face à une multiplication des ruptures de canalisations. Hier encore, un habitant de Faravohitra lançait l’alerte. « Un tuyau a rompu dans le quartier. C’est un véritable torrent qui dévale jusqu’à Ambondrona », rapporte cette source. Même situation à Antsakaviro, où l’eau perturbe le quotidien des riverains depuis mardi.

La liste des quartiers ayant « les pieds dans l’eau» ne cesse de s’allonger : Antanimena, Antaninandro, Ambanidia, Soanierana, Ankorondrano ou encore Ambavahaditokana.

Plus d'une quarantaine de ruptures de canalisations ont été enregistrées à Antananarivo et ses environs entre le début du mois de mai et hier 22 mai, selon la Jirama.

La Jirama reconnaît que le réseau est sous pression depuis la mise en service de Mandroseza II. La situation apparaît paradoxale. La station de Mandroseza a augmenté sa production afin d’approvisionner la ville. La pression du réseau s’intensifie, d’autant qu’avec l’arrivée du froid hivernal, la pression de l’eau augmente naturellement. Les tuyaux vétustes peinent à résister. Face à cette montée en charge, les anciennes infrastructures cèdent progressivement.

À Faravohitra, cette conduite céderait régulièrement. « Il y a des personnes qui la détruisent intentionnellement. C’est là qu’elles récupèrent directement l’eau, en raison des coupures dans notre quartier », indique un responsable du fokontany.

Situation difficile

Outre ces ruptures de conduites, les fuites d’eau restent nombreuses sur le réseau de la Jirama à Antananarivo. Sur un tronçon de 195 km, 157 fuites ont été recensées, selon le Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable (Paaep), en avril 2026. Des milliers de mètres cubes d’eau potable se perdent ainsi chaque jour dans la nature. Un plan d’urgence est en cours d’élaboration afin de remplacer 64 km de conduites jugées obsolètes.

Entre les robinets à sec et les embouteillages provoqués par les chaussées inondées, la situation devient de plus en plus difficile pour les habitants. La Jirama affirme avoir mobilisé l’ensemble de ses moyens pour mener les travaux de réparation. Les équipes techniques sont déployées jour et nuit afin de colmater les brèches.

La Jirama note que les travaux de réparation sont déjà terminés pour plus de la moitié d'entre elles, tandis que les autres sont encore en cours.

À Antanimena, le remplacement de la principale conduite s’est achevé hier. L’approvisionnement en eau devrait reprendre progressivement dans les prochains jours.

Afin de limiter les pertes et d’accélérer les interventions, la Jirama appelle également les habitants à signaler les fuites d’eau.

 Miangaly Ralitera

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