CIRCULATION - Les deux-roues soumis à un permis de conduire

La nouvelle réglementation sur le code de la route prévoit l’obligation d’avoir un permis de conduire pour tous les véhicules motorisés. L’ATT précise toutefois que cette mesure n’est pas encore appliquée.

Plusieurs motos circulent dans la capitale.

La question de l’application du nouveau code de la route a été abordée lors d’une réunion tenue la semaine dernière à l’Hôtel de Ville d’Analakely. La Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) avait réuni plusieurs acteurs concernés par la circulation dans la capitale, issus notamment des secteurs public, privé, civil et militaire.

« Nous mettons en œuvre des solutions pour réduire les embouteillages et améliorer la circulation dans la capitale », a indiqué Hery Ranaivoson, vice-président de la Délégation spéciale de la CUA, chargé de la circulation.

La loi n° 2017-002 du 6 juillet 2017 portant code de la route, ainsi que son décret d’application n° 2026-974 du 23 avril 2026, fixent les nouvelles modalités de circulation. Selon ces textes, tous les véhicules motorisés devront être conduits par des personnes titulaires d’un permis de conduire. Les véhicules non motorisés devront, eux, faire l’objet d’une autorisation de conduite.

Dans un communiqué publié ce week-end, l’Agence des transports terrestres (ATT) a précisé que ces dispositions ne seraient pas appliquées dans l’immédiat. Plusieurs étapes de préparation restent nécessaires avant leur entrée en vigueur effective.

Plusieurs entités sont concernées par cette mise en œuvre. Les auto-écoles assureront la formation des conducteurs, l’ATT organisera les examens, le Centre d’immatriculation de Madagascar (CIM), rattaché au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, délivrera les permis, tandis que la Police et la Gendarmerie seront chargées des contrôles.

Une période d’adaptation

« Ces dispositions visent à réduire les accidents de la circulation et à diminuer de 50 % le nombre de blessés et de décès sur les routes d’ici 2030 », indique l’ATT.

Le permis A’ concerne les motos de moins de 125 cm³, tandis que le permis A s’applique aux motos de plus de 125 cm³. À Antananarivo, les deux-roues motorisés se sont imposés comme une solution face aux embouteillages. Pour de nombreux usagers, ils constituent aussi un outil de travail, notamment dans la livraison, le transport ou les déplacements professionnels.

L’obtention d’un permis représente toutefois un coût supplémentaire, lié à la formation, aux examens et aux démarches administratives. Pour les professionnels du secteur, une application stricte pourrait entraîner une période d’adaptation difficile.

« Certains motards risquent de suspendre leur activité faute de documents en règle. À l’inverse, une régularisation progressive permettrait de professionnaliser davantage le secteur du transport à moto », estime Notoavina, propriétaire d’une moto.

Des associations de conducteurs de deux-roues envisagent déjà d’accompagner leurs membres dans ces démarches. « Tôt ou tard, cette loi sera appliquée. Il est donc primordial de regrouper et d’organiser les membres souhaitant passer le permis afin de réduire les coûts et de simplifier les démarches. L’initiative repose sur une organisation par vagues successives, permettant une prise en charge progressive et sécurisée des candidats », indique un représentant d’association.

Chaque année, plusieurs accidents de la circulation surviennent dans la région Analamanga, impliquant notamment des voitures particulières et des deux-roues. Pour les professionnels de la formation, la maîtrise du code de la route constitue l’un des leviers de prévention.

Mialisoa Ida

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