Juan Rakotojohary, alias Tovonen Jr, quadruple champion de Madagascar en slalom et en course de côte sur terre, a remporté la première manche du championnat sur asphalte, dimanche.
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| Juan Rakotojohary, pilote Renault Clio. |
Quelle est votre impression après cette victoire à la première manche sur asphalte ?
Je suis très content de mon résultat. De nombreux pilotes, y compris des spécialistes du rallye, ont tant attendu ce championnat sur asphalte. C’est une toute autre sensation. Certes, j’ai déjà effectué un essai en Thaïlande, sur circuit, mais celui-ci a été sur une route ouverte en circuit fermé. C’est différent, même si son profil est un type circuit. Le comportement de la Clio était cette fois différent par rapport à la voiture que je conduisais en Thaïlande. J’ai essayé de m’adapter par rapport à la situation et c’était l’essentiel. J’ai vraiment pris du plaisir et c’est bien aussi de sortir des habituels circuits en terre poussiéreux.
Quelles étaient les modifications à faire pour une course sur asphalte ?
C’est un peu compliqué car c’est la même voiture que je conduis pour les courses sur circuit terre. Nous avions surtout modifié la hauteur de caisse. C’était un peu compliqué au début, nous avions dû voir quelques détails comme le carrossage et la géométrie. Je tiens à remercier spécialement le pilote étranger Esteban Marchand qui évolue ici. Il m’a donné des conseils pratiques, qu’est-ce qu’il faut faire, car j’ai quelques soucis sur la conduite. J’ai suivi ses conseils et j’ai pu m’améliorer. J’ai bien assimilé ses conseils par rapport à mes soucis et on se comprend bien. Iaro Razanakoto m’a lui aussi conseillé à distance durant cette manche.
Techniquement, qu’est-ce qui différencie la conduite sur asphalte et sur circuit terre ?
La principale différence réside dans la vitesse. Sur asphalte, la vitesse moyenne est beaucoup plus élevée, car la piste est plus roulante, notamment dans les courbes où les passages se font très vite. Il faut savoir gérer et éviter la glisse tout en appréciant la limite de l’adhérence de temps en temps et en gardant la fluidité. La plus compliquée a été le repérage du freinage, des fois un peu en retard. J’ai dû casser mes habitudes et ma logique sur un circuit terre, qui est très glissant. Des fois, je prends des risques. J’arrive à progresser dans la conduite au fil du temps. Ce championnat de course de côte sur asphalte est très intéressant car cela me rend polyvalent, pareil pour les autres pilotes.
Vous avez arraché la victoire à la première manche sur asphalte comme sur terre, avez-vous l’intention de viser un doublé ?
Mon approche du championnat n’est pas comme cela. Je ne me focalise pas à remporter le titre à l’entame de la saison. J’aborde le championnat manche par manche, c’est ma satisfaction, en privilégiant la progression et l’expérience acquise. Des fois, je remporte la victoire mais je ne suis pas satisfait de ce que j’ai fait et espéré. Quand on travaille bien avec une bonne préparation de la voiture, cela paie. Je me focalise à chaque manche, et les bons résultats arrivent logiquement à la fin de la saison.
Serge Rasanda
