JOURNALISME - Une réforme pour consolider et sécuriser le métier

La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse s’est ouverte hier. Plusieurs pistes, dont l’encadrement de la liberté des journalistes dans l’exercice de leur profession, doivent être examinées.

Le ministre O’Gascar Fenosoa répondant aux questions des journalistes.

La mise en place de normes visant à encadrer la liberté des journalistes dans l’accomplissement de leurs fonctions a été évoquée, hier, en marge de l’ouverture de la Journée mondiale de la liberté de la presse à Anosy. Parmi ces dispositions figure notamment la soumission du projet de loi sur la communication audiovisuelle à l’examen du Parlement lors de la prochaine session ordinaire prévue au mois de mai.

Selon le ministre de la Communication, O’Gascar Fenosoa, ce texte, actuellement en discussion en Conseil des ministres, doit permettre de préciser les missions dévolues aux journalistes et de renforcer leur protection dans l’exercice de leur activité. Un autre projet de loi relatif à l’accès à l’information auprès des institutions étatiques attend également l’aval de l’Assemblée nationale.

Cet encadrement de la liberté de la presse, bien que susceptible d’apparaître contraignant, est présenté comme un levier de protection pour les professionnels. Le député du troisième arrondissement d’Antananarivo, également journaliste, Navalona Francky Rakotoaritiana, a estimé que la presse demeure libre à Madagascar. Il juge néanmoins nécessaire l’adoption d’un code de la communication adapté, afin de mieux protéger les journalistes, soulignant qu’« il est parfois plus facile de transformer un délit de presse en atteinte à la sûreté de l’État ».

Une autre réglementation relative au métier de journaliste a également été évoquée. Selon le ministre, une mesure visant à distinguer les journalistes professionnels d’autres acteurs, tels que les lanceurs d’alerte ou les créateurs de contenu, devrait être prochainement adoptée. Les médias en ligne devront, eux aussi, se conformer à la législation en vigueur, notamment en désignant un directeur de publication et un rédacteur en chef au sein de chaque organe de presse.

Ordre des journalistes

S’agissant de la situation de l’Ordre des journalistes de Madagascar (OJM), le ministre a indiqué qu’un comité ad hoc serait chargé d’examiner la loi sur la communication afin de revoir son statut, longtemps soumis à l’influence du ministère de la Communication. Le CTOJM, structure provisoire, a pour mission de mettre en place un comité électoral chargé d’organiser l’élection des futurs membres du bureau de l’OJM.

La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse se poursuivra jusqu’au 3 mai 2026, à travers des conférences, des formations destinées aux journalistes ainsi que la remise de médailles à des professionnels dont les demandes ont été déposées depuis plusieurs années. La cérémonie d’ouverture a réuni des représentants de l’UNESCO, des Nations unies ainsi que plusieurs autorités étatiques.

Doris Mampionona

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