INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE - Le Sud demande le recours à la pluie provoquée

L’insécurité alimentaire menace le sud de Madagascar. La sécheresse compromet les récoltes et l’accès à l’eau.

Des habitants d’Amboasary-Sud lors de la distribution des aides de l’État, la semaine dernière.

Des habitants du Grand Sud sont en détresse. Ils font face à une sécheresse sévère. « Cela fait deux mois que la pluie n’est plus tombée. Les dernières précipitations remontent à la mi-février. La chaleur est tellement intense qu’elle assèche la végétation et les sources d’eau», alerte Tsialahatse, maire de la commune urbaine de Beloha, dans la région Androy, ce week-end. Cette crise affecte la quasi-totalité des districts du Grand Sud.

Face à cette situation, les autorités locales sollicitent l’intervention de l’État afin de recourir à l’ensemencement des nuages pour provoquer des pluies. « La famine touche tous les fokontany. Une aide urgente est demandée dans les plus brefs délais. Si la pluie ne revient pas dans un délai d’un à deux mois, beaucoup de personnes mourront », a alerté Olivier Andriamamonjy, député du district d’Amboasary-Atsimo, à l’occasion de la visite de la ministre de la Population et des Solidarités à Amboasary-Atsimo, la semaine dernière.

Les espoirs de récolte sont quasi inexistants dans le Sud. Les champs se dessèchent et toute perspective de production s’éloigne. « Le maïs que nous avons semé en décembre et que nous devrions récolter en ce moment est totalement sec. Il ne nous reste plus qu’à l’arracher pour nourrir le bétail. Ici, tous les paysans vivent la même détresse aujourd’hui », regrette le maire de la commune rurale de Tranovaho, dans le district de Beloha, Retsitamby, également paysan.

Difficile

Dans ce district, les habitants vivent une deuxième année consécutive sans récolte. « L’an dernier, les champs avaient été submergés par les fortes pluies apportées par le cyclone. Cette année, la situation est encore plus dramatique : non seulement il n’y a pas eu de récolte, mais il n’y a pas non plus d’eau », confie Tsialahatse.

Les plus vulnérables survivent principalement grâce à la figue de Barbarie rouge et à la pastèque. Pour s’approvisionner en eau, ils sont parfois contraints de parcourir plusieurs kilomètres. Même les animaux n’ont plus d’eau à boire. Ceux qui en ont les moyens dépensent en moyenne 5 000 ariary par jour pour abreuver leur bétail. Ces habitants craignent que, si cette situation persiste, ils soient contraints de revendre leur bétail pour survivre.

Selon Météo Madagascar, la mise en œuvre d’une opération de pluie provoquée dans le Sud s’annonce difficile. « Les conditions météorologiques y sont, en général, défavorables, avec des nuages trop élevés et des vents assez forts. Toutefois, les conditions peuvent être suivies si une demande est formulée, mais jusqu’à présent, il n’y en a pas », explique un technicien auprès de la direction générale de la météorologie.

 Miangaly Ralitera

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