Les autorités envisagent de durcir la réglementation sur les produits plastiques. Une révision du décret en vigueur est en préparation.
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| Photo de groupe lors de la cérémonie de présentation des 12 projets pour lutter contre la pollution plastique, hier, à l’hôtel Panorama. |
Les produits plastiques polluants interdits pourraient ne plus se limiter aux sacs et sachets de moins de 50 microns. Le décret qui encadre leur production, leur commercialisation et leur utilisation doit être révisé. « Il est envisagé, dans cette révision du texte, d’élargir la liste des produits prohibés. Celle-ci pourrait notamment inclure d’autres plastiques à usage unique, comme les pailles. Ces produits plastiques engendrent d’importantes pollutions », a souligné, hier, le directeur de la gestion des pollutions, des déchets et de l’intégration de la dimension environnementale au sein du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Rina Albani Rakotomanana.
Les réflexions sur cette révision devraient débuter jeudi, dans le cadre d’une concertation à laquelle plusieurs secteurs seront appelés à participer. « L’objectif est de déterminer ce qui doit être inclus dans le texte, de voir s’il existe des alternatives et des substituts en cas de retrait, et de vérifier si cela suffit », a précisé la même source.
La production, la commercialisation et l’utilisation des sachets et sacs en plastique de moins de 50 microns sont interdites sur tout le territoire malgache depuis octobre 2015. Depuis, ces produits n’ont pourtant pas disparu du marché. Le texte n’a pas suffi à modifier les habitudes de la population.
Failles
Les commerçants proposent toujours ces micro-sacs en plastique à ceux qui achètent du sucre, des fruits, de la farine et d’autres produits en petites quantités. Rina Albani Rakotomanana admet qu’il y a eu des failles dans l’élaboration et l’application du texte actuel. « La décision a été prise au niveau des ministères, sans impliquer les autres secteurs. (…) Cette concertation va également nous permettre d’identifier les failles », poursuit-il.
Un test grandeur nature devrait d’abord être lancé à Sainte-Marie. Les gobelets en plastique, par exemple, seront supprimés à l’aéroport. Les hôtels de l’île seront également appelés à ne plus utiliser certains produits plastiques polluants, dans le cadre de cette phase pilote. Une fois l’expérience jugée concluante, une campagne de sensibilisation serait étendue aux autres régions, appuyée par un plan d’action déjà établi. Une période de transition d’un an serait par ailleurs accordée.
Les déchets plastiques ont des effets néfastes sur l’environnement. Ils mettent environ 400 ans à se décomposer et restent difficiles à recycler. Ils ont aussi des conséquences sur la santé publique.
« Des poissons ingèrent ces microplastiques et, comme nous consommons ensuite ces poissons, cela peut avoir des effets néfastes sur la santé », explique-t-il.
Douze projets anti-plastique retenus
Soutenu par la Commission de l’océan Indien (COI), l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial, ce programme s’inscrit dans une démarche régionale visant à réduire les déchets plastiques dans l’océan Indien. Ces douze projets bénéficieront d’un accompagnement en phase de préincubation, à travers des sessions de coaching dédiées. Parmi eux, trois finalistes se verront attribuer une subvention pouvant atteindre 50 000 euros, cofinancée à hauteur de 50 %.
Miangaly Ralitera
