Grosse frayeur hier à Vohémar où une foule en furie a mis le feu au bureau du commissariat. Elle réclamait la tête d’un présumé voleur de moto et accusé de meurtre.
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| Le feu a ravagé le local de la police. |
Drame à Vohémar hier. Suite à l’arrestation par la police hier d’un présumé meurtrier d’un motard dont il a volé la moto dans la nuit du 13 avril dans la commune d’Ampandra, la foule a réclamé la tête du prévenu détenu au commissariat de police. Une enquête a été ouverte avant le déferrement du bandit.
Selon un communiqué de la police nationale, le détenu a été transféré dans un autre endroit pour sa sécurité. Mais la foule ne voulait rien savoir et voulait coûte que coûte la tête du malfrat. Les déclarations de la police n’ont pas du tout rassuré ni convaincu la foule.
Des individus ont commencé à lapider le commissariat. La police a choisi de ne pas utiliser des armes pour disperser la foule. Comme il n’y avait que quelques policiers, ils ont préféré prendre la poudre d’escampette étant donné le nombre des assaillants. Ces derniers ont ensuite mis le feu au commissariat. Selon certaines sources, quelques blessés sont à déplorer.On ignore pour le moment si l’assassin se trouvait dans le commissariat ou pas.
Négociations
La police signale que des négociations ont été entamées avec la population et les autorités locales pour le retour au calme. Le ministère de la Sécurité publique rappelle d’ailleurs que le rôle de la police est d’abord de protéger la population et ses biens.Ce qui s’est passé à Vohémar n’est pas un cas isolé.
Des situations similaires ont été observées dans d’autres régions. Dans un contexte marqué par une corruption persistante au sein de l’appareil judiciaire et des forces de sécurité, une partie de la population ne fait plus confiance à la justice. Certains choisissent alors de se faire justice eux-mêmes, au risque de s’en prendre à des innocents. Quelles que soient les circonstances, la justice populaire constitue elle aussi une infraction, dont les auteurs doivent être traduits devant les tribunaux.
L'Express de Madagascar
