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| Lors d’une vaste consultation nationale sur l’éducation, à Mahamasina, hier. |
La qualité de l’éducation à Madagascar est en baisse. Le manque de formation est un problème majeur. « De nombreux enseignants exercent sans formation pédagogique, notamment les enseignants non fonctionnaires (ENF) », indique Yves Martin Razafimandranto, directeur général en charge de la pédagogie au sein du ministère de l’Éducation nationale (MEN).
Ces propos ont été tenus à l’occasion d’une vaste consultation nationale sur l’éducation, organisée depuis hier à Mahamasina par le ministère de l’Éducation nationale, et qui se poursuit jusqu’à demain. Cette initiative vise à recueillir les avis, les attentes et les propositions de l’ensemble des acteurs concernés par le système éducatif malgache. Des insuffisances et des lacunes sont constatées à tous les niveaux. Elles concernent les élèves, les parents et les enseignants. Le système éducatif lui-même est également en cause.
Le renforcement de la formation des enseignants est jugé indispensable. « Le ministère doit mettre en place davantage de centres de formation pour mieux former les enseignants. Cela fait partie des facteurs qui dégradent la qualité de l’éducation dans le pays », poursuit-il. Une telle mesure permettrait d’améliorer leurs compétences et de remédier à un manque de formation qui pèse sur la qualité de l’éducation.
Suivi insuffisant
« Dans certaines zones rurales, l’école n’est pas une priorité. Certains parents retardent la scolarisation de leurs enfants. Ces derniers vont à l’école après les travaux. Ils n’y vont aussi qu’à certaines périodes, comme pendant les fêtes », indique un enseignant.
Le manque de matériel constitue un autre problème, d’autant que les moyens financiers des écoles sont limités et que les établissements restent mal équipés, ce qui freine l’apprentissage des élèves. Le suivi du système éducatif demeure également insuffisant, en raison du faible nombre d’inspecteurs, qui ne permet pas de couvrir l’ensemble du territoire, aussi bien dans les écoles publiques que privées. Face à ces constats, cette consultation adopte une approche inclusive afin de repenser le système éducatif et de répondre aux défis actuels et futurs.
Plusieurs acteurs y participent, notamment les enseignants, les parents, les responsables d’établissements, les partenaires techniques et financiers, la société civile, ainsi que les techniciens du ministère, venus des niveaux central et régional. L’objectif est de définir une politique éducative claire, d’améliorer l’enseignement et d’aider le ministère à mieux orienter ses actions.
Plusieurs résultats sont attendus : l’amélioration de la qualification des enseignants, la réforme des programmes, la révision de la structure du système éducatif, le renforcement du système d’évaluation, la réduction du redoublement, l’amélioration de la gestion scolaire, ainsi que l’identification des problèmes liés à la demande scolaire et la proposition de solutions adaptées.
Les résultats serviront de base stratégique. Ils permettront d’élaborer des recommandations concrètes. Ces recommandations seront adaptées au terrain. Elles s’appuieront sur des analyses et des diagnostics. Les contributions des acteurs seront prises en compte.
Mialisoa Ida
