Des élèves de Mayotte et de Madagascar participent à un échange environnemental à Antsiranana. Ils découvrent de nouvelles pratiques agricoles et partagent leurs connaissances pendant deux semaines.
| Les élèves mahorais cultivent un même avenir avec les étudiants antsiranais. |
Dans une dynamique de mutualisation de deux projets environnementaux à Mayotte, suite aux ravages au niveau terrestre et marin après le cyclone Chido qui a touché Mayotte, un groupe d’élèves du lycée agricole de Coconi à Mayotte effectue un séjour d’échange agricole et environnemental dans le Nord. Une immersion enrichissante placée sous le signe du partage de savoirs et de la découverte culturelle.
Composé d’une dizaine d’élèves, le groupe vit cette expérience en immersion enrichissante, placée sous le signe du partage de savoirs et de la découverte culturelle. Hébergement, restauration et activités sont partagés au quotidien avec une dizaine d’étudiants universitaires d’Antsiranana. Pendant deux semaines, une vie collective s’organise, dans un esprit de cohésion et de convivialité.
Étant déjà dans leurs études dans la protection de l’environnement, les jeunes participants sont en effet issus d’un cursus de type BTS en alternance, combinant enseignement théorique et expérience professionnelle en entreprise. Une formation exigeante, tournée vers la pratique et l’employabilité.
Ce séjour pédagogique, en collaboration étroite avec l’ONG Graine de vie, s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens entre les deux îles voisines, tout en offrant aux élèves une ouverture concrète sur d’autres réalités agricoles, une découverte des modes de vie, des relations avec la nature et les réalités régionales.
Au fil des visites, les participants explorent différentes exploitations, s’initient à des techniques locales adaptées aux conditions climatiques du Nord, et échangent avec des agriculteurs sur les enjeux actuels du secteur.
Vers un véritable transfert de compétences
Selon les explications des porteurs du projet, composés du lycée agricole de Coconi et de l’association PSL, ou Profession Sport et Loisirs de Mayotte, après leur séjour dans la capitale du Nord, ils affichent des ambitions claires : transformer cette initiative en un véritable levier de formation et de coopération durable entre les jeunes de deux territoires. L’objectif principal dépassera largement le simple échange culturel.
« Nos attentes, c’est d’abord de renforcer les compétences des jeunes déjà engagés dans des associations à Mayotte. Sur le terrain, les participants prennent part à des activités concrètes, notamment autour des techniques de bouturage, de production de jeunes plants et des méthodes de reforestation », explique Bacari Maoulana, directeur général adjoint chargé du développement de PSL, lors de la rencontre avec les dirigeants de la région Diana.
Il a ajouté qu’une approche comparative est également privilégiée. Les pratiques locales malgaches sont confrontées à celles développées à Mayotte, dans une logique d’apprentissage mutuel. De retour à Mayotte, ces jeunes auront pour mission de transmettre les savoir-faire acquis. Dans leurs associations respectives, ils deviendront des relais, capables de sensibiliser leurs pairs et de mettre en œuvre des actions inspirées de leur expérience à Madagascar.
Mais les ambitions du projet ne s’arrêtent pas là. Ce projet ambitionne de s’inscrire dans la durée et de s’articuler avec des parcours de formation existants. Si cette première immersion ne dure que deux semaines, les organisateurs envisagent déjà des perspectives plus larges. Parmi elles, la mise en place de programmes d’échanges de longue durée, permettant à des jeunes malgaches d’effectuer des stages de plusieurs mois à Mayotte, et inversement.
Raheriniaina