CYCLONE - Des sinistrés de Gezani abandonnés

À Toamasina, des milliers de sinistrés du cyclone tropical intense Gezani restent toujours dans l’expectative de l’aide financière promise. Suspendue à la fin du mois de février à la suite de tensions et d’inégalités constatées lors de la distribution, cette aide tarde à parvenir à une grande partie des bénéficiaires. Beaucoup dénoncent un sentiment d’abandon et des irrégularités dans l’attribution.

« Le toit de ma maison a été totalement arraché et détruit par le cyclone. Je ne vis plus dedans mais juste à côté, à même le sol. Des responsables de la distribution étaient venus pour prendre des renseignements. Ensuite, on a attendu d’être appelés, après l’inscription au niveau du fokontany. Mais grande fut notre surprise : mon voisin a obtenu l’aide financière et moi non. De plus, je déplore l’obligation de travaux de ramassage de déchets en contrepartie de l’aide », témoigne un conducteur de cyclo-pousse habitant à la Verrerie.

Une aide de 280 000 ariary par ménage avait pourtant été planifiée et entamée, notamment dans la ville de Toamasina. Mais la distribution a été interrompue après des plaintes liées à des cas d’exclusion et de favoritisme. Des victimes n’ont pas obtenu l’aide, tandis que d’autres en auraient bénéficié de manière irrégulière.

Aujourd’hui, la majorité des sinistrés concernés vit encore dans des conditions précaires. Certains habitent dans des maisons dévastées et sans toit, malgré les pluies persistantes. Les dégâts causés par Gezani restent visibles et les familles peinent à se relever.

Le bilan fait état de plus de 431 967 personnes sinistrées, soit environ 106 390 ménages. Toutefois, tous n’ont pas encore bénéficié des aides prévues, en raison de la suspension en cours.

« Nous nous demandons où sont passées toutes ces aides financières et dons offerts pour aider les sinistrés. Je vis difficilement et je pense rentrer à Tana, mais j’attends encore de l’aide pour pouvoir acheter mon billet », confie une personne âgée.

À la suite du passage de Gezani en février, qui a ravagé Toamasina et la côte est de Madagascar, plusieurs partenaires internationaux avaient pourtant mobilisé des financements d’urgence. Le gouvernement malgache avait estimé les besoins à 151 millions de dollars, soit environ 770 milliards d’ariary, pour le rétablissement d’une ville détruite à 80 %.

La Banque mondiale a ainsi débloqué 37 millions de dollars pour soutenir les familles et accompagner la reconstruction. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a accordé un appui d’urgence de 250 000 dollars pour l’achat de médicaments et d’équipements essentiels. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), en collaboration avec l’OMS, a mobilisé 1 250 000 dollars supplémentaires, tandis que l’Association internationale des maires francophones (AIMF) a contribué à hauteur de 50 000 euros.

Une structure avait été mise en place pour organiser la distribution des aides aux familles sinistrées. Néanmoins, sur le terrain, de nombreux bénéficiaires attendent toujours.

Vero Andrianarisoa

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