CEO SUMMIT - L’État et le secteur privé, même combat pour la relance

La deuxième édition du CEO Summit a été lancée hier au Novotel Alarobia. Pour l’État et le secteur privé, l’événement a été l’occasion de réaffirmer une volonté commune de relancer l’économie, à travers un appui coordonné et une dynamique de partenariat.

Depuis hier, le CEO Summit se tient pour sa seconde édition à Antananarivo.

Pour bâtir un avenir commun à l’échelle régionale, il faut aussi relancer la machine économique nationale. Des objectifs affichés par l’État et le secteur privé, à l’occasion de la seconde édition du CEO Summit qui se tient pendant deux jours au Novotel Alarobia. Pour parvenir à relancer la machine économique, il faut se donner les moyens.

Hier, à l’ouverture des travaux, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a mis en avant l’objectif de soutenir et d’accompagner le secteur privé. Selon lui, les entreprises auraient été fragilisées ces dernières années, au point d’être, en pratique, marginalisées. 

« Le secteur privé a été laissé pour compte depuis trop longtemps. Les entreprises qui ne sont pas avec l’État ont quasiment été persécutées. C’est notre devoir d’accompagner le secteur privé afin qu’il puisse avancer et créer de la valeur. Il n’y a pas d’État qui crée des emplois, c’est le secteur privé qui est capable d’en créer », a-t-il déclaré au sortir de la conférence.

Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de créer de la valeur à l’échelle locale, afin de soutenir le secteur privé et de consolider la relance. « Il faut transformer localement, et non plus exporter des produits bruts. C’est un des points qui nous tiennent à cœur. Nous veillerons à ce qu’une entreprise, compagnie ou firme qui investit à Madagascar transforme désormais les produits bruts en produits finis », a-t-il indiqué, en prenant l’exemple du secteur extractif.

Synergie régionale

 Dans cette logique, il a précisé que toute société souhaitant exploiter des ressources minières devra désormais s’engager à mettre en place des capacités de transformation, et non à exporter exclusivement des produits bruts.

De son côté, le secteur privé met l’accent sur la création d’une synergie à l’échelle régionale et nationale, en vue d’accélérer la relance. « Si la première édition nous a permis de poser les bases d’une coopération à l’échelle régionale, cette seconde édition du CEO Summit devrait s’inscrire dans la continuité et aller plus loin», a déclaré Tiana Rasamimanana, président du Syndicat des industries de Madagascar.

Pour atteindre cet objectif, il apparaît nécessaire d’identifier les synergies et les chaînes de valeur susceptibles d’être développées à plusieurs niveaux, notamment par les acteurs de la région de l’océan Indien. Les échanges ont aussi porté sur les conditions de développement, avec des priorités telles que l’amélioration de la connectivité locale, l’encouragement de l’innovation et la mise en place d’un environnement favorable aux entreprises.

Intervenant sur le rôle central du secteur privé, le patron du SIM a rappelé que « le véritable moteur de l’intégration et du développement économique reste le secteur privé ». Il a souligné, dans ce cadre, que la création de valeur doit s’inscrire dans une dynamique où les échanges économiques et la machine productive sont relancés. À propos des leviers à mobiliser, il a précisé que « lorsqu’on parle de privatisation, il s’agit de développer les partenariats public-privé ». Pour lui, l’innovation, la création d’emplois et les liens entre les économies relèvent d’abord des entreprises, tandis que l’État doit jouer un rôle de garant, après avoir fixé des règles du jeu claires.

Les échanges dans l’océan Indien en chiffres

Superficie : 75 millions de km²
Consommateurs : 34 millions (2024)
Produit intérieur brut : 55 à 57 milliards de dollars
Part de Madagascar dans le PIB : ~30 % du PIB
régional (~17 milliards USD)

Itamara Otton

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