BASKETBALL 3x3 - Les Ankoay rêvent de J.O

Madagascar dispute sa troisième Coupe du monde, entre contraintes structurelles et ambition olympique assumée. 

Les Ankoay, champions d’Afrique en 2022, qui ont joué leur première Coupe du monde en 2023 à Vienne, en Autriche.

Après Vienne en 2023 et Oulan-Bator en 2024, Madagascar s’apprête à disputer une nouvelle Coupe du monde de basketball 3x3 à Varsovie, du 1er au 7 juin. Une régularité qui installe les Ankoay dans le paysage international, mais qui met aussi en lumière un contraste saisissant entre les ambitions affichées et les réalités du terrain.

Sur le plan des résultats en Coupe du monde, le bilan reste modeste : huit matchs disputés pour une seule victoire. Mais cette dernière, face à la France (21-20) en Autriche, avait démontré que Madagascar pouvait rivaliser avec des nations de référence. Le reste du parcours, marqué par trois défaites à Vienne et quatre à Oulan-Bator, rappelle toutefois le chemin qu’il reste à parcourir pour exister dans la durée.

Derrière les performances, le 3x3 malgache reste un sport encore amateur. Malgré les efforts de la Fédération malgache de basketball, présidée par Jean Michel Ramaroson, les conditions de préparation demeurent limitées. Des stages de courte durée à l’étranger, notamment en Tunisie et en Serbie, ont été organisés, sans pour autant combler les insuffisances structurelles. 

Manque de gabarit

À Madagascar, les difficultés sont concrètes : moyens logistiques insuffisants, hydratation parfois défaillante pendant les entraînements et absence d’un encadrement professionnel durable. La fédération se bat souvent seule, alors qu’un soutien plus affirmé de l’État serait décisif pour franchir un cap.

Autre contrainte majeure: l’absence de véritables spécialistes du 3x3. Tous les internationaux jouent également en 5x5 dans leurs clubs respectifs, ce qui limite le travail spécifique et l’adaptation aux exigences propres à cette discipline. S’y ajoute un manque de gabarit face aux grandes nations, un élément loin d’être anodin dans un format où l’impact physique est constant. 

Et pourtant, malgré ces obstacles, Madagascar continue de briller sur la scène africaine. Les Ankoay hommes sont aujourd’hui la seule nation triple championne d’Afrique (2022, 2024, 2025), preuve d’un potentiel réel et d’une capacité à dominer son continent. Une performance qui renforce la légitimité du projet malgache sur la scène internationale.

Mais à Varsovie, l’objectif sera donc double : tenter de franchir un cap en Coupe du monde, tout en poursuivant une progression indispensable au regard des standards mondiaux. Sous la conduite de Jean de Dieu Randrianarivelo, coach des Ankoay hommes, le groupe devra capitaliser sur son expérience et gommer les irrégularités.

Mais au-delà du tournoi, c’est bien une ambition plus grande qui anime les Ankoay : décrocher une qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Un rêve ultime pour une génération dorée qui, malgré les contraintes, continue de porter haut les couleurs malgaches.

Entre réalité parfois rude et ambition assumée, Madagascar avance sur une ligne de crête. Varsovie ne sera pas une finalité, mais une étape de plus vers un objectif bien plus grand. La préparation de la relève est déjà en marche, avec quelques joueurs à potentiel et la détection de nouveaux talents en province.

Donné Raherinjatovo

1 Commentaires

  1. Tous les sports collectifs ont les mêmes problèmes: manque de gabarits, manque de soutien, manque d'expertise extérieure. Idem pour les sports individuels, mais là la chance de notre pays c'est d'avoir des catégories de poids (judo, lutte, haltérophilie, athlétisme courses. Donc notre pays doit choisir et bien cibler les sports qui pourraient être présents aux J.O. Alors, on fait quoi ???

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