La Secren, fleuron du secteur naval du pays, traverse une crise profonde qui menace son existence. Diversifier ou périr : tel est désormais le défi auquel fait face l’entreprise.
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| Le ministre de l’Industrialisation et sa suite accompagnés des techniciens de la Secren ont constaté la réalité du chantier naval. |
Longtemps pilier du secteur naval malgache, la Secren se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Trop dépendante de la réparation navale, l’entreprise doit impérativement diversifier ses activités pour assurer sa survie et retrouver un second souffle dans un environnement économique de plus en plus exigeant.
La dépendance à la réparation navale, longtemps perçue comme une force, est devenue aujourd’hui un facteur de vulnérabilité stratégique. Entre baisse de compétitivité, mutations du marché maritime et pressions économiques, la nécessité d’une transformation profonde de la Secren s’impose désormais comme un enjeu stratégique national.
Sur les lieux, outre la vétusté des infrastructures et des équipements du chantier naval, il apparaît aujourd’hui que la « Porte-2 », autrefois bien connue sous cette appellation, donne l’image d’un site abandonné. Aucun navire n’occupe le bassin de radoub. Même aux abords du chantier, les bateaux thoniers censés être en réparation sont absents.
Privé d’électricité, le site a perdu son agitation habituelle. Faute d’activité, les bruits des machines ont laissé place à un silence total. Selon les informations recueillies, cette entreprise, pourtant poumon de l’économie d’Antsiranana, ne dispose plus des moyens financiers nécessaires pour acheter le carburant indispensable au fonctionnement de sa centrale électrique.
Difficultés
Au regard de la réalité sur le terrain, nombreux sont ceux qui estiment que, dans sa situation actuelle, la réparation navale ne constitue plus une option fiable pour le redressement de la Secren.
Plusieurs navires clients de l’entreprise ont déjà quitté le site pour se tourner vers d’autres chantiers, face aux difficultés rencontrées. À cela s’ajoutent les mouvements de grève du personnel, ainsi que l’absence persistante de responsables installés de manière effective sur place, à commencer par le directeur général…
Dans un contexte marqué par les défis de compétitivité et les mutations du secteur maritime, la situation de la société apparaît désormais comme un enjeu stratégique national. Lors de sa récente tournée dans le Nord, le ministre de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé, Ny Riana Nampoina Raharimanjato, n’a pas éludé les difficultés rencontrées. Il a ainsi plaidé pour une montée en gamme industrielle axée sur l’innovation et la valeur ajoutée.
« En attendant, l’entreprise doit impérativement sortir de sa dépendance à la seule réparation navale pour renforcer sa résilience et pour amorcer une transformation durable. En sa qualité de société anonyme, il est impératif de diversifier ses activités et ses sources de revenus, vu sa potentialité », a-t-il insisté, appelant à un redressement en profondeur de l’entreprise. Énième ministre à visiter ce chantier naval, il a ajouté que cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large de relance industrielle portée par le gouvernement, visant à consolider les entreprises stratégiques tout en les adaptant aux réalités économiques actuelles.
Pour terminer son passage à la Secren, le ministre et sa suite ont tenu des réunions successives à huis clos, dans la salle de réunion de la direction générale, avec les délégués du personnel, les représentants syndicaux ainsi que l’association des cadres. Sans surprise, les discussions ont été dominées par les questions salariales et les enjeux liés au redressement de l’entreprise.
Changer ou disparaître: l’avenir de la Secren ne se jouera pas en cale sèche.
Raheriniaina
