VIE SOCIALE - Un budget faible consacré à la santé reproductive

Le financement de la santé reproductive demeure limité à Madagascar. En 2025, le financement consacré à la santé reproductive, à la planification familiale et à la lutte contre les IST/VIH représente seulement 9,66 % du budget total de la santé, contre 90,34 % destinés aux autres composantes du secteur, selon les données du ministère de la Santé publique. Ce ratio inclut à la fois les fonds de l’État et les appuis des partenaires techniques et financiers. 

« En additionnant les financements publics et les contributions des partenaires, on constate que moins de 10 % sont orientés vers la santé reproductive », a souligné Dr Miary Toky Rajoelina, directrice de la Santé familiale, lors d’une table ronde consacrée aux Droits et à la Santé sexuelle et reproductive (DSSR) qui s’est tenue à Ivandry, lundi. Une initiative réunissant acteurs institutionnels et partenaires autour du plaidoyer pour un meilleur accès aux services de santé reproductive et au financement du secteur.

Ce niveau de financement est jugé insuffisant au regard des enjeux liés à la santé maternelle, à la planification familiale et à la prévention du VIH. Les échanges effectués lundi dernier ont ainsi porté sur les moyens d’accroître les investissements afin de renforcer les services de santé reproductive.

« La santé reproductive englobe notamment l’accouchement sécurisé et les soins du nouveau-né, la planification familiale, la lutte contre les violences basées sur le genre, la prévention des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH/Sida, ainsi que la prise en charge du cancer du col de l’utérus et de la prostate. Ces domaines sont considérés comme prioritaires pour le développement social », poursuit le Dr Miary Toky Rajoelina. Le respect des droits et de la santé reproductive permet aux enfants, aux adolescents et aux femmes de s’épanouir pleinement au sein de la société, a rappelé la directrice de la Santé familiale.

Par ailleurs, elle a indiqué qu’une baisse globale du budget du secteur de la santé est constatée entre 2025 et 2026. Pourtant, le pays est signataire de la déclaration d’Abuja, qui recommande de consacrer 15 % du budget général de l’État à la santé. En 2023, la part du budget atteignait un peu plus de 12 %, mais elle oscille généralement entre 4 % et 7 %, loin de l’objectif fixé. Cette situation renforce les discussions sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources pour améliorer l’accès aux soins et la qualité des services.

Mialisoa Ida

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