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| La troupe Fy’Art interprète Ikotofetsy sy Imahaka sur scène. |
À l’Alliance Française de Tananarive, la troupe Fy’Art revisite un classique radiophonique malgache en un spectacle théâtral moderne et éducatif destiné au jeune public.
Le pari était audacieux: transformer un théâtre radiophonique en véritable création scénique. Hier, à l’Alliance Française de Tananarive, la troupe Fy’Art a relevé le défi en présentant Ikotofetsy sy Imahaka dans une version adaptée, vivante et résolument ancrée dans son époque.
Connue à l’origine comme une fiction radiophonique, l’oeuvre a été repensée pour la scène. « Le théâtre radiophonique et le théâtre scénique ne se travaillent pas de la même manière », soulignent les comédiens. Cette transition constitue d’ailleurs la signature de Fy’Art : porter à la scène des textes conçus pour la radio, en y intégrant le jeu corporel, les déplacements, la lecture scénique et l’interaction directe avec le public.
Si le titre est resté intact, le contenu a été ajusté. Autrefois situé dans un contexte ancien, sans téléphone ni technologie, le récit a été modernisé pour correspondre à la réalité actuelle. Une scène introduit ainsi l’usage du téléphone, illustrant une légère touche de mondialisation. Toutefois, l’essence des personnages demeure : Ikotofetsy et Imahaka restent fidèles à leur nature rusée, multipliant les mensonges et les tromperies.
L’adaptation transmet un message clair et éducatif. La pièce rappelle qu’il ne faut pas juger autrui sur son apparence et que le mal finit toujours par se retourner contre son auteur. Les deux compères, après leurs manigances, chutent, tombent malades et se retrouvent à l’hôpital. Leur parcours met en lumière les conséquences du mensonge, qui entraîne d’autres mensonges dans un enchaînement sans fin. La conclusion, heureuse, montre que leurs mauvaises actions n’aboutissent pas, délivrant une leçon accessible aux enfants.
Le public, composé majoritairement de jeunes et d’enfants issus notamment des écoles primaires et d’autres établissements scolaires, a répondu présent.
La représentation, jouée en malgache, valorise la langue nationale. Les comédiens portent des costumes traditionnels en cohérence avec l’univers du livre, tandis que des images projetées à l’écran illustrent chaque environnement scénique, renforçant l’immersion.
Une animation a prolongé le spectacle, offrant aux enfants un moment d’échange et de divertissement supplémentaire. Dimanche, la troupe prévoit également de présenter une autre pièce centrée sur la vie quotidienne.
Fondée il y a trois ans, Fy’Art compte six membres permanents et collabore avec d’autres artistes selon les projets. La troupe sillonne différentes régions et travaille avec des églises, des associations, des écoles et divers partenaires culturels.
Des discussions engagées depuis l’an dernier avec l’Alliance Française ont permis de concrétiser cette représentation, fruit d’une préparation de longue date.
En revisitant Ikotofetsy sy Imahaka, Fy’Art démontre qu’il est possible d’actualiser un patrimoine narratif sans en trahir l’esprit. Entre tradition et modernité, la troupe réussit à captiver le jeune public tout en lui transmettant une véritable leçon de vie.
Cassie Ramiandrasoa
