PROCÈS - Un jeune homme avoue avoir tué son rival de 80 ans

Incroyable mais vrai. Au troisième étage du Palais de justice d’Anosy, porte 301, une bibliothèque transformée en salle d’audience a été le théâtre d’un procès pour le moins insolite. Un homme, dans la force de l’âge, y a comparu pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de son rival amoureux de 80 ans. Il n’a pas nié les faits qui lui étaient reprochés.

Il s’est vu infliger trois ans d’emprisonnement, une annonce qui a fait fondre en larmes une femme âgée de sa famille, présente au fond de la petite salle. La juge a toutefois souligné qu’il bénéficiait d’une condamnation atténuée. Ses actes auraient pu lui valoir entre cinq et vingt ans de travaux forcés, raison pour laquelle une avocate commise d’office avait été désignée par la Cour criminelle ordinaire pour le défendre gratuitement.

Dans le prétoire, point de box des accusés, seulement des vitrines d’archives. L’homme s’appuyait sur une armoire en s’expliquant.

Le crime s’est déroulé le 26 août 2025 dans la commune de Morarano, district d’Andramasina. Selon le récit lu par la greffière avant les débats, l’accusé avait croisé son rival octogénaire. Une altercation physique a éclaté, suivie d’une lutte au sol. L’homme a frappé la tête de son adversaire à l’aide d’une faucille et l’a laissé pour mort. La victime, après avoir reçu les premiers soins, a été évacuée vers Antananarivo, mais est décédée en cours de route. Le rapport d’autopsie fait état de plaies linéaires de  3 à 15 cm, constatées au front et près de la tempe, toutes profondes d’environ 1 cm.

« Vous avez admis l’avoir agressé, ce qui a causé son décès. Pourquoi avoir visé sa tête avec une faucille ? », interroge la juge, entourée de quatre assesseurs.

« C’est lui qui m’a frappé avec sa canne, le mpanjaka be ny tany. J’ai riposté », répond-il d’une voix à peine audible.

« Parlez plus fort. Vous êtes ici pour nous convaincre, pas pour que je vous arrache les mots. J’ai jugé beaucoup de personnes, mais celui-ci… mmh. Heureusement que je ne suis pas en colère aujourd’hui. Y a-t-il un membre de la famille de cet homme dans la salle ? Venez lui dire de s’exprimer à haute voix », réplique la magistrate en toge rouge.

L’accusé a expliqué que le défunt avait courtisé sa femme. Lorsqu’ils se sont croisés, il l’a salué, mais le vieil homme n’a pas répondu. La bagarre a suivi. Le coupable affirme ne pas avoir eu l’intention de tuer. « Mais il est mort. Regardez ces photos ! Elles le montrent grièvement blessé. Il est mort », insiste la juge.

Interrogé par son avocate, l’accusé dit regretter son geste. Le procureur général a reconnu des circonstances atténuantes en sa faveur. La partie civile était absente. Détenu provisoirement depuis le 1er septembre, le coupable purgera trois ans de prison, selon le verdict.

Gustave Mparany 

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