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| Une séquence de match opposant le Sénégal à Madagascar (blanc). |
La deuxième fenêtre de qualification à la Coupe du monde 2027 au Qatar, jouée du 26 février au 1er mars, a confirmé les limites malgaches en 5x5. Battus à trois reprises, les Ankoay ont affiché des lacunes structurelles, loin de l’image conquérante qu’ils renvoient en 3x3, discipline où ils figurent parmi les références africaines.
Sur le parquet, les carences ont sauté aux yeux: entames de match hésitantes, déficit de taille dans la raquette, gestion fragile des temps faibles et rotations limitées. Face à des nations plus armées physiquement et tactiquement, Madagascar a souffert dans l’impact, la défense intérieure et la constance sur quarante minutes.
L’absence de joueurs de grande taille capables de rivaliser sous le cercle demeure un handicap majeur. À cela s’ajoute un championnat national encore peu professionnalisé, dont le rythme reste éloigné des standards internationaux. Sommets nationaux bouclés en trois étapes ne dépassant pas les 30 jours (phase de groupe A, phase de groupe B et phase finale). Ainsi, lorsque l’intensité s’élève au niveau continental, l’écart se creuse rapidement.
Le contraste avec le 3x3, dominé par les Malgaches sur le continent, est frappant. Certaines opinions avancent que le 3x3 n’intéresse pas les grandes nations africaines comme le Mali, le Sénégal, l’Angola ou la Côte d’Ivoire, sans minimiser les performances malgaches.
Le 3x3 est une discipline rapide et directe, elle valorise l’adresse extérieure, la vivacité et la créativité. Les matchs se disputent sur demi-terrain, avec moins de systèmes complexes et une dimension physique plus contenue. Les joueurs malgaches y excellent grâce à leur explosivité et leur lecture instinctive.
Pistes pour rebondir
En 5x5, la profondeur de banc, la rigueur tactique et la gestion stratégique dans la durée sont déterminantes. La dimension athlétique y est plus marquée, notamment au rebond et dans le jeu intérieur. Là où le 3x3 récompense la spontanéité, le 5x5 exige organisation collective et préparation physique de haut niveau, avec plusieurs intérieurs dominants.
Pour inverser la tendance, plusieurs leviers apparaissent et sont à appliquer à Madagascar. Élargir d’abord la détection, notamment vers les joueurs évoluant à l’étranger, afin d’intégrer des profils plus athlétiques. Renforcer ensuite la préparation physique et multiplier les stages et confrontations internationales pour créer des automatismes.
Aimé Randria, dit coach Mémé, mondialiste 2022 avec les garçons U19, livre son analyse : « il y a un manque d’automatismes lié à un regroupement trop court entre les joueurs locaux et les expatriés. Je m’interroge sur l’identité de jeu du coach Douaglin et regrette certains choix, notamment l’absence d’Elly Randriamampionona lors de la troisième rencontre et la faible confiance accordée aux joueurs locaux ».
Les Ankoay ont prouvé qu’ils pouvaient régner sur l’Afrique en 3x3. Le défi consiste désormais à transformer ce potentiel en compétitivité durable en 5x5. Pourquoi ne pas séparer l’équipe nationale en 3x3 et en 5x5 dans le futur ? Pour le 5x5, le chantier est vaste, mais pas insurmontable.
Donné Raherinjatovo
