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| Na Hassi poète et écrivaine porte la voix de la reine Ranavalona III. |
Les doigts fins en mouvement, marquant le rythme, le regard tourné vers le bleu du ciel que n’ont pas su cacher les parasols de la terrasse de l’Institut français à Analakely, Na Hassi scande, déclame, porte, totalement habitée, la voix de Ranavalona III. «J’ai longtemps hésité avant d’accepter de le faire. Chez nous, ce qui est écrit est sacré. Il m’a fallu prendre de la distance avec le roman et la vérité historique.»
Elle avoue avoir vécu cette lecture difficilement au début, au fur et à mesure qu’elle prenait conscience de la «mission» qui lui avait été attribuée. Question de légitimité, rapport au sacré. Puis elle a commencé à choisir les passages dans le livre pour se réapproprier le texte : «J’ai construit en parallèle mon histoire à moi» : l’intronisation, le départ, l’exil et le famadihana, le retour au royaume. «La reine est partie de son pays vivante, et elle est retournée chez elle vivante. La boucle est bouclée.»
Rondro Ratsimbazafy
