ÉPIDÉMIE - Une enfant meurt de la Mpox à l’hôpital militaire

Une enfant de trois ans meurt de la Mpox, selon les autorités sanitaires. Il s’agit du premier décès lié à cette maladie depuis le début de l’épidémie.

Le professeur Mamy Randria, incident manager du Cousp, lors d’une conférence de presse, hier.

Madagascar enregistre le premier décès dû à la Mpox. La victime est une enfant âgée de 3 ans, selon le Centre opérationnel d’urgence de santé publique (Cousp), hier. La mort est survenue à la suite d’un retard de traitement, selon des explications médicales.

« L’enfant était malade depuis quelques jours et avait reçu un traitement. Elle a été mise en isolement au Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Andohatapenaka. Elle était déjà déshydratée, incapable de boire et de s’alimenter. Elle avait commencé à présenter des difficultés respiratoires et une hypothermie », a déclaré le professeur Mamy Randrianirina, l’Incident Manager du Cousp.

Une source rappelle que les enfants figurent parmi les personnes vulnérables à la Mpox et dont le risque de développer des complications est élevé.

La famille, de son côté, refuse d’admettre que l’enfant souffrait de la Mpox. Elle attribuait son hospitalisation à une foulure mal soignée par des masseurs. Mais le Cousp insistait sur la Mpox.

« L’enfant présentait déjà des lésions cutanées suspectes de Mpox sur le corps et le dos. Le visage ne présentait pas forcément de lésions », note le professeur Mamy Randrianirina.

La famille de la victime avait décidé de sortir l’enfant du centre de traitement et d’isolement d’Andohatapenaka, « contre avis médical », pour l’emmener dans un autre hôpital. « À son arrivée dans cet autre hôpital, son état était critique : choc septique, difficultés respiratoires et détresse vitale, probablement liés aux complications de la Mpox », enchaîne le professeur.

L’enfant est décédée dans la nuit du 28 février au 1er mars. Les analyses des prélèvements effectués sur la victime se sont révélées positives à la Mpox.

Inhumation

La famille, qui transportait le corps vers Toamasina depuis la nuit de dimanche, affirme avoir été informée en cours de route qu’elle devait procéder immédiatement à l’inhumation.

« On nous oblige à enterrer tout de suite le corps de notre enfant, sans possibilité de le ramener à la maison pour une veillée », a déclaré la mère, en sanglots, dans une vidéo diffusée en direct.

Des forces de l’ordre ont escorté le véhicule et le corps a été inhumé hier même, conformément au protocole sanitaire applicable aux maladies contagieuses à haut risque de transmission.

« Une fois le décès constaté, le corps ne doit plus être manipulé et doit être immédiatement placé dans un cercueil. Seuls les agents de santé formés sont autorisés à s’en occuper, et non les membres de la famille, afin de limiter les risques de contamination », explique le professeur Mamy Randrianirina. Et de préciser : « Il est ensuite inhumé rapidement pour réduire le risque de transmission aux proches. Le protocole rappelle également l’interdiction d’attroupement. C’est pourquoi la veillée funéraire ne doit pas être organisée», insiste-t-il. 

Le professeur souligne que le non-respect de ces protocoles favorise la propagation rapide de l’infection. « Après le cyclone, la fragilité de Toamasina accroît le risque de flambée épidémique si la maladie échappe au contrôle », alerte une source médicale.

Miangaly Ralitera

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