Trois matchs, trois défaites et une dernière place dans le groupe B. À l’issue de la deuxième fenêtre qualificative disputée à Dakar, Madagascar n’a plus droit à l’erreur.
| Les Ankoay ont besoin d’un renfort en taille avant la troisième fenêtre du mois de juillet. |
Le rendez-vous dakarois, au Stadium Marius Ndiaye, n’a pas souri aux Ankoay. Engagés dans la course à la Coupe du monde 2027, les Malgaches ont été dominés par la République démocratique du Congo, le Sénégal et la Côte d’Ivoire entre le 26 février et le 1er mars.
Pour leur entrée en lice, ils se sont inclinés 79-87 face à la RDC. Une rencontre accrochée, où l’adresse extérieure et l’engagement défensif ont entretenu l’espoir durant trois quarts-temps, avant un relâchement fatal dans les dernières minutes.
La deuxième sortie contre le Sénégal a confirmé les difficultés malgaches. Battus 66-99, les joueurs de John Douaglin ont subi l’impact physique et la densité athlétique des Lions. Rebonds offensifs concédés, pertes de balle répétées et déficit dans la raquette ont rapidement creusé l’écart.
Le troisième match face à la Côte d’Ivoire n’a pas inversé la tendance. Défaite 74-99 dans un duel engagé, Madagascar a montré de la combativité, mais aussi ses limites, notamment en termes de taille et de présence intérieure. Comme lors des deux premières rencontres, les détails ont tourné en faveur de l’adversaire.
Au classement du groupe B, la Côte d’Ivoire trône en tête avec 6 points (3 victoires). Le Sénégal suit avec 5 points (2 victoires, 1 défaite), devant la RDC, troisième avec 4 points (1 victoire, 2 défaites). Madagascar ferme la marche avec 3 points (0 victoire, 3 défaites). Seuls trois pays accéderont au tour suivant: la pression est maximale avant la fenêtre de juillet.
L’avenir de Douaglin
Au-delà des scores, plusieurs choix techniques interrogent. Le sélectionneur John Douaglin a privilégié une rotation resserrée, accordant peu de temps de jeu aux éléments du championnat local. Une option assumée, tournée vers l’efficacité immédiate, mais qui questionne la profondeur du banc et la gestion des temps faibles.
L’absence d’Elly Randriamampionona lors du troisième match a également surpris. Alors que l’équipe manquait d’adresse et de solutions offensives, l’un de ses atouts majeurs est resté sur le banc.
En conférence de presse, John Douaglin a insisté sur un besoin clair : intégrer « au moins deux ou trois joueurs de grande taille, évoluant à l’intérieur ». Un constat logique après avoir souffert au rebond et dans la protection du cercle face à des équipes plus athlétiques. Le déficit de taille apparaît comme un chantier prioritaire avant juillet.
Reste la question de l’avenir du staff. La Fédération malagasy de basketball devra trancher. Faut-il maintenir la confiance à John Douaglin ou ouvrir un nouveau cycle pour la sélection 5x5 ? Solofohery Angelot Razafiarivony, directeur technique national, temporise : « La décision appartient au comité directeur. De plus, nous attendons l’arrivée de la délégation malgache pour savoir ce qui s’est bien passé à Dakar. »
En juillet, Madagascar devra impérativement décrocher au moins une victoire pour revenir à hauteur de la RDC et espérer un scénario favorable. Plus qu’un ajustement tactique, c’est un sursaut collectif qui est attendu. Les Ankoay jouent désormais leur avenir continental sur un fil.
Donné Raherinjatovo