Ce n’est pas trop tôt. Et c’est plutôt une excellente nouvelle. Un véritable coup d’éperon vient d’être annoncé par les bailleurs de fonds et les organismes internationaux. La nouvelle est pourtant presque passée inaperçue et elle n’a pas été assez répercutée ni dans la presse, encore moins sur les réseaux sociaux. Il faut dire que ce genre de nouvelle n’attire jamais les accros des réseaux sociaux plutôt friands de débilité. Un relèvement du niveau d’éducation et d’instruction pourrait restreindre les followers et le buzz des influenceurs, qui ont pris la place des faiseurs d’opinion.
Un grand effort de développement de l’éducation a été annoncé cette semaine en faveur de l’éducation. Il s’agit du renforcement du lancement du programme Pitaf, Programme intégré pour la transformation des apprentissages fondamentaux. Le programme vise une capacité de quarante-cinq mille enseignants Fram pour qu’ils puissent acquérir un Certificat d’Aptitude Pédagogique. Un sésame indispensable pour pouvoir transmettre leurs connaissances aux élèves.
Jusqu’ici, faute d’enseignants et de postes budgétaires, on recrute des instituteurs sans la moindre qualification, qui ont été rémunérés par l’association des parents et qui ont été par la suite dans la fonction publique sur présentation de carte de membre du parti au pouvoir. En revanche, les enseignants diplômés et prêts à accomplir le métier restent sur le carreau malgré une série de grève de revendications.
L’Unicef soutient ce projet avec une enveloppe de 89 millions de dollars (419 milliards d’ariary) alors que la Banque mondiale débourse 150 millions de dollars (605 milliards d’ariary). Le FMI soutient également ce projet pour le primaire. Tout commence bien évidemment par le primaire. La représentante de l’Unicef, Christine Jaulmes, a rappelé qu’un enfant sur deux ne passe pas le primaire et que seulement 22% d’entre eux terminent le secondaire.
Des chiffres glaçants qui expliquent en grande partie la pauvreté chronique indécrottable du pays. Selon Christine Jaulmes la croissance économique et le niveau de l’éducation sont des grandeurs directement liées. Elle renchérit que si on arrive à relever le niveau des enseignants, on peut gagner 2 à 3 points dans la croissance économique.
Ce qui n’est d’ailleurs pas sorcier. Tout programme de développement échouera si 80 % restent en dessous du seuil de pauvreté. Ni le planning familial, ni les sanctions contre le viol, ni la lutte contre les feux de brousse, ni la prévention des incendies, ni les précautions contre les inondations ...resteront vains et sans résultat face à un mur dont l’existence se résume à la nourriture, les constructions illicites, le commerce de rue, les meurtres et les vols... L’Éducation est bel et bien la clé du développement. On sait pourquoi on en est là depuis 17 ans pendant lesquels les caprices ont pris le dessus sur les capitaux.
Sylvain Ranjalahy