Ancien président de la Fédération malgache de tennis (FMT) de 1991 à 2004, Serge Ramiandrasoa dresse le profil de celle ou celui qui mérite de diriger la FMT.
![]() |
| Serge Ramiandrasoa offrira son soutien au président élu mais pas un chèque en blanc. |
Quel profil doit avoir celle ou celui qui mérite de diriger la FMT ?
Pour répondre à votre question, je commence par les qualités essentielles : la transparence, la confiance, la crédibilité et la performance. Je parle de transparence administrative, financière et technique. La transparence est une condition sine qua non, à appliquer chaque année tout au long du mandat, notamment à travers la tenue de l’assemblée générale, qui est une obligation pour tout dirigeant respecté et respectable, car l’assemblée générale est une logique implacable pour gérer correctement une association sportive.
Sur le plan technique, il faut que ce soient les meilleurs joueurs et joueuses qui partent défendre les couleurs du pays lors des compétitions internationales. Malheureusement, chez nous, ce sont souvent ceux qui ont les moyens financiers qui partent, car ce sont les parents qui assurent le financement des déplacements. Enfin, il est indispensable d’avoir un code d’éthique et d’éviter tout conflit d’intérêts durant le mandat.
L’élection aura lieu le 14 février. Avez-vous un candidat à soutenir ?
Honnêtement, non, mais quelques personnes sont venues vers moi pour demander des conseils, et je ne révélerai pas de noms. Si l’un d’entre eux est élu, tant mieux. Je lui offrirai mon soutien, mais pas un chèque en blanc. Pour réussir, il devra respecter et suivre ce que je viens d’évoquer là-haut.
Quels conseils donneriez-vous à celui ou celle qui sera élu(e) ?
Le prochain dirigeant de la Fédération malgache de tennis doit être de bon sens et visionnaire. Il ne doit pas faire de la politique politicienne, mais une véritable politique de développement. Il faut une personne intègre dans sa manière de gérer, capable d’oser présenter un bilan financier annuel afin d’obtenir un renouvellement de confiance auprès des sponsors et des bailleurs.
Il est également essentiel d’avoir une crédibilité et une reconnaissance internationales, en fréquentant régulièrement les institutions comme l’ITF, la CAT, notamment lors des réunions telles que l’Annual General Meeting.
Avez-vous des appels ou des consignes à adresser aux futurs dirigeants du tennis ?
Le sport, en général, à Madagascar a besoin d’un renouvellement de ses dirigeants. Je ne vise personne en particulier, mais le sport est en nette régression dans le pays. Combien de fédérations sportives existent à Madagascar et qu’apportent-elles réellement aux disciplines qu’elles représentent ? Les fédérations qui gravitent autour du Comité olympique malagasy, que font-elles concrètement… ?
Le basketball fait figure d’exception pour moi. Pour les futurs dirigeants et électeurs, je cite quelques points essentiels: connaître la discipline et, si possible, être un ancien ou une ancienne athlète de haut niveau. Pour le tennis en particulier, il faut se lancer le défi de redynamiser la discipline et rendre des comptes aux électeurs ainsi qu’aux amateurs. Aux électeurs, je dirais qu’il faut bien choisir pour ne pas regretter ensuite, car un mandat de quatre ans, c’est long. Il faut aussi savoir exiger ses droits.
Pour terminer, selon vous, quels sont les principaux freins au développement du sport ?
Le principal facteur de blocage reste le non-respect de la réglementation statutaire.
Donné Raherinjatovo
