ATSIMO ANDREFANA - La gent féminine proposée au poste de chef de région

Des femmes d’Atsimo Andrefana favorables à un chef  de région de sexe féminin.

La région Atsimo Andrefana est recommandée d’être dirigée par une femme malgré les barrières politico-culturelles qui font bloc à la proposition. Les noms ne manquent pas.

C’est une femme, opératrice économique connue à Toliara, Anny Corine, qui a lancé le débat. « Pourquoi pas une femme Gouverneur cette fois-ci ? Il est temps de briser le plafond de verre et de laisser une femme leader dynamique prendre les rênes de notre belle région. Le développement d’Atsi

mo Andrefana passera aussi par l’audace des femmes compétentes. Ne choisissons pas par habitude, choisissons par ambition », a-t-elle publié aux membres de son réseau social. Une publication qui a suffi à susciter le débat au niveau des intellectuels et des observateurs de la vie politique à Toliara.

Des sources contactées au téléphone étayent l’idée, tandis que d’autres restent sceptiques et dubitatives. 

« Bien sûr que je rejoins l’idée. Il est temps de donner un vrai changement à cette région puisque nous sommes au temps du changement et de la refondation. Le leadership n’a pas de sexe et les compétences ne sont pas seulement à attribuer aux hommes », explique Ninie Zafindravola, femme politique, appartenant à une association de notables et ancienne adjointe au maire de la commune urbaine de Toliara.

Sans vouloir être sexiste, à elle d’ajouter que les actions de développement des hommes, politiciens ou pas, anciens responsables de la cité ou de la région, menées jusqu’ici, n’aboutissent pas toujours sans la participation des femmes. Eddy Martial, fonctionnaire basé à Toliara, pense que les femmes peuvent très bien accéder à ce poste de chef de région et à d’autres postes de responsabilité d’ailleurs. « L’ex-gouverneur de la région Anôsy, par exemple, est une femme. Je ne vois donc pas de problème particulier à ce que la nôtre soit aussi dirigée par une femme », propose-t-il.

La barrière culturelle dans une région multi-ethnique comme Atsimo Andrefana demeure toutefois importante. Des photos de « bons candidats » au poste de chef de région sont relayées sur la toile, mais ce sont des figures déjà connues. Les arguments avancés pour chaque candidat reposent sur le genre et l’origine ethnique d’abord, et suivent les compétences et les expériences. Il n’y a pas une seule femme proposée.

L’origine ethnique est un critère important pour démontrer que le candidat est donc valable, car il est issu d’une ethnie « reconnue ». Le gouverneur sortant, Edally Ranoelson, par exemple, est un « Masikoro » et le prochain devrait donc être issu de l’ethnie  « Mahafaly », « Bara » ou « Vezo » ou de la sous-ethnie « Tanalana » ; les autres ethnies qui dominent dans la région Atsimo Andrefana. « Ceci afin de démontrer que chaque ethnie présente est forte et que ses fils sont compétents pour diriger une région », ajoute Ninie Zafindravola.

Mirana Ihariliva

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