Attendre et croire. Qu’est-ce que la population peut faire d’autre ? Pas grand chose face aux catastrophes naturelles. Le cyclone Gezani a été annoncé avec une puissance inouïe lors de son entrée sur terre à Toamasina. Les pronostics n’étaient pas loin de la réalité puisque les dégâts ont été importants à première vue dans le Grand port. Le passage de Gezani a duré deux heures mais c’était suffisant pour mettre sens dessus dessous la capitale betsimisaraka. Non pas que Gezani a été plus dévastateur que ses prédécesseurs funestes comme Geralda, Batsiray, Gafilo... mais avec la pauvreté générale et malgré les efforts de l’État à travers le BNGRC, on n’a pas les moyens appropriés pour y faire face. On ressemble à un sac de sable qui ne fait que recevoir des coups. Justement, les moyens de défense de la population se résument à des sacs de sable pour empêcher les rafales de vent de décoiffer les foyers. Un système D dont l’efficience est limitée.
La protection de la population est d’autant plus difficile que presque toutes les grandes villes sont truffées de constructions illicites bouchant l’évacuation des eaux et des bidonvilles, cartonvilles, des planchesvilles dont la résistance à un petit scirocco est quasi nulle. Ce qui rend compliquée la mission du BNGRC. Il faut plusieurs années, une économie florissante, une population éduquée et disciplinée pour pouvoir concevoir une politique de gestion des risques de catastrophes.
Pour le moment, on est réduit à venir en aide aux sinistrés avec des vivres et des équipements nécessaires pour la vie quotidienne. Une situation mise à profit par les politiciens en mal de popularité et dont le seul marketing politique est la charité ou l’assistanat.
Mais par rapport aux inondations dévastatrices qui frappent le Maroc, l’Indonésie, la Californie, plusieurs villes européennes ainsi que les incendies monstrueux à Los Angeles, Australie, Grèce, Espagne...on peut s’estimer heureux que de ne subir qu’une courte ivresse du vent et de la pluie. Pour le moment, on en est épargné mais avec le dérèglement climatique tout peut arriver. Une chute de neige de plusieurs centimètres et une température exceptionnelle de 50 degrés comme ce qui frappe le Canada et les États-Unis pourraient bien avoir lieu en Afrique. Le globe terrestre est en train de virevolter de manière impensable et qui dépasse toutes les prévisions.
Pour ceux qui y croient, les choses se passent exactement comme il a été écrit et elles sont annonciatrices de la fin du monde. C’est donc une fatalité et qu’il n’y a pas à en faire tout un drame. Il faut tout simplement attendre et croire.
Sylvain Ranjalahy