Philippe Razanakolona, vice-président de la Fédération malgache de ski, conduit la délégation malgache aux JO d’hiver 2026.
Quel est aujourd’hui le rôle concret de la Fédération malgache de ski et ses principaux défis ?
La Fédération a été créée pour permettre à Madagascar de rayonner dans les sports d’hiver. Son rôle est de structurer le parcours des athlètes : identification des talents, affiliation internationale, accès aux compétitions, encadrement sportif, administratif et humain. Aujourd’hui, plus de huit athlètes sont actifs en ski alpin et en ski de fond, dont trois aux standards olympiques. Dans un pays sans neige, le défi est immense : il faut s’appuyer sur la diaspora, travailler à l’international, mobiliser des moyens limités et maintenir une crédibilité sportive durable.
Que représente la présence régulière de Madagascar aux JO d’hiver ?
Les Jeux d’hiver sont un grand rendez-vous mondial. En 2026, à Milan-Cortina, plus de quatre-vingt-dix pays seront présents, dont huit nations africaines. Madagascar s’inscrit pleinement dans cette histoire. Avec une troisième participation, Mialitiana Clerc deviendra l’athlète africaine la plus présente aux JO d’hiver, toutes disciplines confondues. C’est un symbole fort pour la Fédération et pour le sport malgache.
Quelle est la portée symbolique des JO de 2026?
Ces Jeux marquent un retour en Italie, vingt ans après la première participation malgache à Turin, en 2006. Ce parcours est le fruit d’une vision portée par le président de la Fédération, Sylvain Rabetsaroana, avec le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports et du Comité olympique malgache. Des passionnés ont cru que Madagascar avait sa place dans les sports d’hiver.
Quelles sont les ambitions réelles de Madagascar?
L’objectif ne se limite pas à participer. Les Jeux sont l’aboutissement de plusieurs années d’entraînement et de compétitions internationales. Dans des épreuves de plus de soixante-dix athlètes, seuls quelques-uns jouent les médailles, mais tous vivent un parcours d’excellence.
À Madagascar, les performances de Mialitiana Clerc et de Mathieu Gravier sont suivies chaque hiver, preuve de leur impact sur la jeunesse. Notre ambition est donc double : continuer à hausser le niveau sportif de nos athlètes et faire de leurs parcours une source durable d’inspiration.
En quoi Mialitiana Clerc est-elle un modèle ?
Elle incarne la constance et la résilience. Porte-drapeau en 2018 à PyeongChang et la plus jeune de toutes les délégations, elle symbolise la discipline, la persévérance et la détermination. Elle est un modèle bien au-delà du sport.
Qu’attendre de Mathieu Gravier et de la relève ?
Mathieu Gravier progresse régulièrement et peut espérer de meilleurs résultats en 2026. La relève est déjà en marche avec Théo Montaigne, qui se prépare aux Championnats du monde juniors en Norvège. La Fédération construit ainsi l’après-2026 avec une nouvelle génération déjà engagée à l’international.
Donné Raherinjatovo
