Depuis hier, les prix du carburant ont augmenté d’environ 100 ariary par litre. Cette hausse inquiète les transporteurs, qui redoutent pour la stabilité de leur activité.
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| Les nouveaux prix du carburant impacteront sûrement le transport public. |
La hausse des prix du carburant, entrée en vigueur hier, suscite de vives inquiétudes chez les acteurs du transport public. Dans les stations-service, le litre de carburant a augmenté en moyenne d’environ 100 ariary. Une variation qui, bien que contenue dans les limites réglementaires, pèse lourdement sur un secteur déjà fragilisé par la hausse des charges et l’instabilité économique.
Chez les chauffeurs de bus et les transporteurs urbains, la lassitude est palpable. « On s’y attend presque chaque mois », confie un conducteur de transport en commun. Face à cette situation, plusieurs exploitants ont choisi de ne pas répercuter immédiatement la hausse sur les usagers. « Nous avons décidé de maintenir le prix du ticket à 600 ariary, car la situation n’est pas stable », explique un chauffeur. Une décision prise au détriment des marges, dans un contexte où le carburant représente une part importante des coûts d’exploitation.
Les professionnels du secteur dénoncent également l’écart entre les prix du carburant à Madagascar et ceux pratiqués dans certains pays étrangers. Pour eux, la répétition des hausses risque, à moyen terme, de provoquer une augmentation inévitable des tarifs de transport, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des usagers.
L’OMH s’explique
Face aux interrogations, l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) apporte des précisions. Selon son directeur général par intérim, Cydolain Raveloson, la hausse constatée en février n’est pas liée directement au prix du pétrole brut, mais au prix FOB des produits pétroliers finis, qui sert de base au calcul des tarifs à la pompe.
« Les carburants consommés aujourd’hui ont été achetés plusieurs semaines auparavant, notamment au mois de novembre », explique-t-il. En raison du cycle logistique – transport maritime, stockage puis distribution –, les prix appliqués reflètent les conditions du marché international de plusieurs mois plus tôt. Par ailleurs, une baisse du prix du baril ne se traduit pas automatiquement par une baisse des produits finis, surtout lorsque les stocks de pétrole brut sont élevés et que la production des raffineries ralentit.
L’OMH souligne que le mécanisme d’ajustement automatique encadre strictement les variations, avec une limite maximale de plus ou moins 200 ariary par litre. Des baisses sont d’ailleurs envisagées pour les mois de mars et d’avril, selon l’évolution des prix internationaux et du taux de change.
En attendant, les transporteurs restent prudents.
« Nous faisons des efforts pour ne pas augmenter les tarifs, mais si les prix du carburant continuent de grimper, ce sera difficile de tenir longtemps », confie un responsable de transport urbain.
Irina Tsimijaly
