Six mois après la disparition du caboteur AW, parti de Mahajanga vers les Comores avec trente personnes à bord, l’affaire refait surface. Les autorités ont ordonné la relance des enquêtes après l’interpellation des familles des victimes.
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| Les familles des passagers disparus du navire AW demandent réparation et poursuite contre les responsables. |
La disparition du navire AW, qui avait quitté Mahajanga en juin 2025 à destination des Comores avec dix-neuf passagers et onze membres d’équipage, a été soulevée par les familles des victimes lors de la rencontre du Président, le colonel Michaël Randrianirina, avec la population de Mahajanga, au complexe sportif d’Ampisikina, mardi dernier.
Une banderole a été déployée par les familles des victimes pour exiger que l’affaire soit prise en main. Le colonel Michaël Randrianirina a ainsi ordonné la poursuite des enquêtes.
Le procureur général près la Cour d’appel de Mahajanga a apporté une série d’explications sur la situation.
« Nous n’avons reçu aucun rapport sur ce dossier depuis le début. Des instructions venaient de la capitale, ce qui nous empêchait d’entrer dans les détails. Mais après le changement de gouvernement, nous avons enfin pu poursuivre l’enquête. Elle n’a été ouverte qu’il y a quinze jours. Les renseignements sont apparus progressivement après les plaintes déposées par les familles des victimes. Elles réclament des indemnités ainsi que le paiement des salaires des membres d’équipage. De nombreuses hypothèses sont avancées concernant la disparition :
naufrage dû à une tempête ou à un accident, panne de moteur ou acte de piraterie. En cas d’accident, jusqu’à présent, aucun débris du navire n’a été découvert, ni aucun corps de passager. Les conditions de voyage auraient dû être respectées par tous les responsables, à tous les niveaux, avant le départ du bateau. De plus, les équipements radar, radio satellite, AIS (Automatic Identification System), outil d’aide à la navigation permettant la transmission d’informations entre navires ont-ils été correctement vérifiés ? L’équilibrage des marchandises transportées aurait également dû faire l’objet d’un contrôle strict. Quant aux conditions météorologiques, elles relèvent de la responsabilité des autorités portuaires avant toute autorisation de départ. Les enquêtes s’orientent ainsi sur l’ensemble de ces points », a expliqué le procureur général au Président.
Lors de son intervention, le haut magistrat a révélé qu’à cinq jours du départ du bateau du port de Mahajanga, certains passagers ont été localisés par téléphone à Moroni et à Mahajanga, alors qu’ils étaient censés se trouver à bord du navire disparu.
« On se demande s’ils auraient été débarqués à terre après le départ du bateau », a-t-il ajouté.
Le caboteur malgache AW a disparu en mer après avoir quitté Mahajanga le 16 juin 2025 à destination d’Anjouan (Comores), il y a six mois. Il transportait trente personnes à bord dont onze membres d’équipage et dix-neuf passagers ainsi que soixante-cinq tonnes de marchandises.
Malgré des recherches intensives menées avec le soutien d’avions mauriciens et comoriens, le navire demeure introuvable. Les opérations sont restées infructueuses. Le tribunal sollicite la coopération du public afin de recueillir toute information susceptible de faire avancer l’enquête.
Vero Andrianarisoa
