La justice malgache examinera le 18 février la demande de retrait du Colisée romain d’Anatirova, symbole d’une controverse culturelle majeure.
![]() |
| Les représentants des communautés traditionnelles et de la royauté malgache réunis auTribunal de Première Instance à Anosy, hier. |
Une audience a eu lieu hier au Tribunal de première instance (TPI) d’Anosy, où Hasina Niombonana Razafindrakoto, chef traditionnel d’Ambohidrabiby, a demandé à la cour de démolir le Colisée installé dans l’enceinte du palais royal de Manjakamiadana durant le régime Rajoelina. Une initiative vivement contestée par une partie des descendants des familles royales et considérée comme un crime de lèse-majesté.
Quinze plaignants, parmi lesquels des associations de protection du patrimoine, des descendants de l’ancienne royauté et des citoyens, ont déposé plainte pour la destruction de cet édifice. Leur revendication repose sur le fait que cette construction romaine est étrangère au lieu et dénature la mémoire du Rova, sans lien avec les occupants historiques du site.
Opposition historique
Lors de l’audience, la Direction du patrimoine culturel (DPC), chargée de protéger les monuments historiques et de représenter l’État malgache, s’est présentée avec un représentant du gouvernement, mais sans soumettre de documents de protection. Le ministère de la Communication et de la Culture (MCC), responsable de la valorisation et de la conservation du patrimoine national, souligne que la décision finale doit être prise selon la concertation nationale, impliquant l’ensemble des Malgaches, afin de respecter le statut de patrimoine national du site. Le mémoire déposé au TPI d’Anosy reflète cette approche, défendant la protection et la valorisation du patrimoine malgache selon l’avis du ministère.
Le juge a décidé de ne pas répondre immédiatement au mémoire et a fixé le 18 février pour rendre sa décision finale.
Le débat trouve également son origine dans l’opposition historique des communautés locales.
Cassie Ramiandrasoa
