Symbole fondamental de l’identité malgache, le lamba amorce officiellement son chemin vers une reconnaissance au patrimoine mondial de l’Unesco.
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| Le lamba, symbole central de l’identité malgache, au cœur d’une démarche de reconnaissance mondiale |
Objet du quotidien, marqueur identitaire et héritage transmis de génération en génération, le lamba s’impose aujourd’hui au cœur d’une démarche patrimoniale majeure. L’annonce officielle de l’engagement du processus d’inscription du lamba au patrimoine matériel mondial de l’Unesco a été faite jeudi dernier, lors du lancement du festival du Tsapiky au Palais des Sports. Une initiative portée par le ministère de la Communication et de la Culture, qui place cet élément emblématique au rang des priorités nationales.
Indissociable de la vie des Malgaches, le lamba accompagne chaque étape de l’existence. À la naissance, il enveloppe le nouveau-né ; lors des mariages et des grands événements, il revêt une dimension cérémonielle ; au moment du décès, le lamba mena symbolise le dernier hommage. Présent dans tous les rites, il dépasse sa fonction vestimentaire pour devenir un langage social et culturel profondément ancré dans la société malgache.
Au-delà de sa portée symbolique, le lamba possède également une valeur socio-économique importante. Il constitue une source de revenus pour de nombreux artisans et acteurs de la filière textile, participant ainsi à la dynamique économique locale. Sa reconnaissance à l’échelle mondiale contribuerait à renforcer cette dimension tout en assurant la sauvegarde de son authenticité.
Signe de reconnaissance
Pour les autorités culturelles, le choix du lamba comme priorité patrimoniale s’impose naturellement. « S’il existe un élément emblématique de l’identité malgache, c’est bien le lamba », souligne Denis Alexandre Lahiniriko, directeur du Patrimoine au sein du ministère de la Communication et de la Culture, lors d’une interview. Selon lui, la réflexion engagée cette année vise à lancer officiellement le processus d’inscription du lamba au patrimoine mondial, aux côtés d’autres éléments culturels envisagés.
Parmi ces éléments figurent notamment l’Andolo, originaire de l’Ouest et du Sud-Ouest de Madagascar, le Marodoko ainsi que la Moraingy. Toutefois, ces patrimoines, de portée régionale ou nationale, ne sauraient occulter la place centrale du lamba dans la construction de l’identité malgache. « Ce qui rend le Malgache profondément malgache, c’est le lamba », insiste le directeur.
Porté aussi bien à Madagascar qu’à l’étranger, le lamba demeure un signe de reconnaissance immédiat de l’identité gasy. Sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco apparaît ainsi comme une démarche légitime, visant à consacrer un symbole qui traverse le temps, les frontières et les générations.
Cassie Ramiandrasoa
