Colère noire pour les habitants de la ville de Mahajanga depuis samedi. La ville est plongée dans l’obscurité totale dans la nuit du vendredi au samedi, depuis 1 h du matin, en raison de la coupure d’électricité lors du passage du cyclone tropical Fytia.
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| L'arbre s’est accroché sur le poteau électrique devant le bureau du Trésor à Mahajanga. |
Les abonnés de la Jirama sont ainsi privés d’électricité et d’eau durant plus de trois jours, voire quatre jours pour certains. Presque tous les quartiers des vingt-six fokontany de Mahajanga ont été victimes de cette coupure d’eau et d’électricité. Les fokontany d’Ambondrona, Androva, La Corniche, Mahajanga Be, Ambohimandamina, Mahavoky Atsimo, Tsaramandroso Ambony et Ambany, Ambalavola, Ambalavato, jusqu’à Antanimasaja et Manjarisoa, et même à Belinta, étaient privés d’électricité et d’eau.
Les responsables de la Jirama, dont le directeur régional, Jean-Claude Rakotoniaina, ont tenté de se justifier hier face à la grogne des habitants. « Les réseaux de distribution de la Jirama ont été en grande partie endommagés lors du passage du cyclone. À cause des rafales de vent fort, de nombreux poteaux électriques se sont effondrés, des troncs d’arbres se sont abattus sur ces infrastructures dans presque toute la ville. D’autres ont été fortement secoués et sont tombés. Nous sommes en train de déployer des efforts constants pour rétablir très rapidement et le plus tôt possible l’approvisionnement en électricité et en eau des habitants », a déclaré le directeur régional de la Jirama de Mahajanga.
Le premier responsable technique en électricité a également apporté des explications sur cette longue panne. « Les dégâts sont considérables au niveau du réseau de distribution de la Jirama. La coupure de courant s’est intensifiée vers 1 h du matin samedi. Ce qui a entraîné des multi-coupures incessantes, puis finalement la situation a provoqué un black-out dans toute la ville. L’approvisionnement était complètement interrompu à Mahajanga samedi vers 5 h du matin à cause de ces défaillances techniques au niveau du réseau de distribution. Nous avons commencé à réparer les pannes et dégâts. On est en train de redresser et de remplacer les poteaux détériorés actuellement, et c’est notre priorité. Comme les stations de pompage d’eau fonctionnent à l’électricité, la pénurie d’eau dans toute la ville s’explique aussi par ces pannes au niveau des réseaux de distribution », a expliqué le technicien de la Jirama.
Misère
Depuis samedi soir, la ville était alors plongée dans le noir. Les robinets sont à sec. Les bornes fontaines publiques sont envahies par une longue file. L’eau se fait rare.
Les gens ont tenté de chercher de l’eau dans les quartiers éloignés. « Nous n’avons plus d’eau pour faire cuire le riz. Il en est de même pour les douches et les toilettes. Nous avons dû en chercher chez un ami à Antsahavaky dimanche soir car il possède un puits qui fonctionne à la main. Nous n’avons jamais vécu ce genre d’incident, car notre quartier se trouve dans une zone rouge où elle est prioritaire pour ces éléments vitaux. Mais cette fois, ce n’était pas le cas », a expliqué une habitante du fokontany de Mangarivotra.
Pour certains, ils ont pu recueillir de l’eau de pluie, mais elle n’a duré que quelques heures. Les églises ont été obligées d’utiliser des groupes électrogènes durant les cultes du dimanche toute la journée, faute de courant. Des établissements hôteliers et des restaurateurs ont découvert que les provisions étaient avariées dans les congélateurs. Hier, l’électricité a été rétablie dans quelques quartiers, mais la majorité est encore en attente d’approvisionnement, surtout en eau.
Vero Andrianarisoa
