Du 20 au 25 février, le Madagascourt Film Festival célèbre sa 20e édition en réunissant cinéma africain et États généraux des droits d’auteur, avec l’ambition d’aboutir à une feuille de route régionale pour la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe).
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| Laza Razanajatovo (au c.) préside Madagascourt Film Festival. |
Vingt ans d’existence et une étape symbolique franchie : le Madagascourt Film Festival ouvre sa 20e édition avec une orientation forte, celle de faire des droits d’auteur un levier concret de développement pour les créateurs. Cette édition 2026, conçue comme une traversée entre projections, rencontres et temps forts populaires, se tiendra du 20 au 25 février.
Au total, 700 films ont été reçus, dont 62 sélectionnés en compétition. Quatre catégories structurent cette sélection : Nationale, Fiction panafricaine, Documentaire panafricain et Animation panafricaine. Une trentaine de films venus de différents pays d’Afrique seront également projetés.
Mais l’événement dépasse le cadre cinématographique. Le lancement de cette 20e édition coïncide avec les États généraux des droits d’auteur dans les pays de la SADC, organisés hier à la Commune urbaine d’Antananarivo. Les activités liées à ces États généraux se déroulent principalement au Stade Barea, où se concentrent les discussions et ateliers consacrés à la question des droits d’auteur.
Une trentaine de pays de la SADC sont attendus. L’objectif est clair : élaborer une feuille de route à présenter lors du prochain sommet de la SADC, afin de structurer et renforcer la protection et la valorisation des droits d’auteur dans la région. D’autres pays, comme l’Égypte et l’Algérie, participeront également pour partager leur expertise, aux côtés des pays de l’océan Indien, représentés par des spécialistes et décideurs engagés sur ces questions.
Démonstration concrète
La Commission de l’océan Indien soutient le projet et un atelier spécial réunira les décideurs de cette zone. Leur implication dans la réflexion et la conception vise une mise en œuvre rapide des actions envisagées.
« Nous sommes très honorés de recevoir le directeur général adjoint de l’Organisation générale de la propriété intellectuelle, car c’est avec ce type d’institution que nous pourrons mettre en place des actions importantes. Le but est que nos auteurs gagnent de l’argent avec ce qu’ils font. Nous incitons les jeunes à venir s’informer, car tout est gratuit. Cela a déjà fonctionné en Afrique du Sud ou au Kenya. Si cela a marché ailleurs, cela peut aussi fonctionner chez nous. Nous pouvons vivre de ce que nous faisons. », affirme Laza Razanajatovo, président des Rencontres du Film court.
Cette édition met ainsi l’accent sur une démonstration concrète : il est possible de vivre de l’audiovisuel et du cinéma. « Il n’y a pas de miracle, mais il faut mettre en place les choses », souligne-t-il, évoquant les ateliers destinés à faire connaître les mécanismes nécessaires.
Le festival investit plusieurs lieux de la capitale pour aller vers tous les publics, notamment le Stade Barea, l’Institut français de Madagascar, Havoria, l’Hôtel de Ville, Cinepax et Kudeta. Une attention particulière est accordée à la jeunesse, considérée comme le cœur de la dynamique culturelle et créative d’Antananarivo.
Cette 20e édition bénéficie du parrainage du ministère de la Communication et de la Culture, du ministère de la Jeunesse et des Sports et de la Commune urbaine d’Antananarivo. Cette dernière soutient le festival depuis plusieurs années, notamment à travers le projet Kolosary, une école supérieure de cinéma et d’effets visuels, fruit d’une collaboration entre la CUA d’Antananarivo et la mairie de Montpellier. Validé par les conseils municipaux, le projet prévoit l’attribution d’un terrain par la Commune, avec un démarrage prévu mi-2027.
En conjuguant célébration cinématographique et réflexion stratégique sur les droits d’auteur, le Madagascourt Film Festival inscrit ainsi sa 20e édition dans une perspective régionale ambitieuse, tournée vers la professionnalisation et la valorisation économique des créateurs.
Cassie Ramiandrasoa
