L’avenir du passé

C’était le 29 janvier 1886, il y a 140 ans, Carl Benz déposait son brevet. «Heureusement que Carl Benz a inventé l’automobile, ironisa gentiment BMW, cela nous a permis d’inventer le plaisir de conduire».

À Madagascar, on ignore encore si notre île - traditionnellement à l’écart des grandes routes commerciales et dont nous nous retrouvons comme encore plus éloignés depuis que l’île Maurice a réussi à se positionner en hub du Sud-Ouest de l’Océan Indien - ferait partie des 140 places que Mercedes-Benz compte visiter au long d’un périple-jubilé. 

C’est que Madagascar est loin, très loin de la dernière Classe S, dont on se demande sur quel billard malgache elle pourrait bien pleinement s’exprimer. Le consommateur malgache se tient encore prudemment à distance des «électriques» qui pourraient s’avérer problématiques dans un pays tropical (le soleil) et maritime (la mer) qui connaît de gros et absurdes problèmes d’énergies renouvelables. 

S’il fallait compter quelques hectomètres malgaches dans les 50.000 kilomètres envisagés sur tous les continents, ce serait plutôt en Classe G, en UNIMOG ou à bord des bons vieux «nez court», le Kurzhauber, nom de code L322, présenté le 5 mars 1959, et qui a la bonne idée d’être en six-roues-motrices sur les deux essieux. 

Un peu avant Antsirabe, sur cette RN7, qui n’en finit plus de faire parler de ses travaux à la va-vite qui pourtant s’éternisent, et justement au niveau d’un dernier «agacement» quand on arrive d’Antananarivo, sont regroupés des 911, 1513, 1921. La modernité a certainement du bon, mais ces antiquités ont pour elles la robustesse de leur rusticité, vertu plus rassurante que l’électronique avant-gardiste dans un pays sous-développé et ses liaisons rurales de boue et fondrières qui font la joie masochiste des amateurs d’Off-Road.

Un «nez court» plus «civilisé», et à configuration presque «familiale» en double cabine, existe dans la flotte des sapeurs-pompiers d’Antananarivo. Des Unimog «passe-partout», il en reste également : qui sur ce marché à Manakara, qui sur le promontoire de Mahanoro, qui dans la cour d’un nouveau gîte à Antsoatany. Soixante ans après, ces utilitaires qui sont réellement utiles ne sont pas près d’intégrer un musée, plus vivants que jamais dans un pays d’avenir qui l’est resté.  

Nasolo-Valiavo Andriamihaja 

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne