| Les deux skieurs aux JO d’hiver de Milan-Cortina, Mathieu Gravier et Mialitiana Clerc. |
À l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de 2026 organisés à Milan et Cortina d’Ampezzo, et qui ont pris fin le 22 février, deux skieurs malgaches ont défendu les couleurs de la Grande Île. Mais qu’est-ce que le ski alpin, discipline reine des Jeux d’hiver, dans laquelle Madagascar s’illustre et finit dans le top 50 face aux meilleurs mondiaux malgré l’absence de neige sur son sol ?
Le ski alpin est une épreuve de descente chronométrée sur une piste enneigée. L’objectif introduit une notion simple : aller le plus vite possible d’un point A à un point B, tout en respectant un tracé imposé par des portes – deux piquets entre lesquels le skieur doit obligatoirement passer. À la moindre faute de parcours ou porte manquée, c’est l’élimination.
Cette discipline se distingue par sa combinaison de vitesse, de technique et d’engagement physique. Le départ s’effectue depuis une rampe inclinée, skis bloqués, avant une poussée explosive. Très vite, l’athlète atteint des vitesses élevées, notamment en descente où elles peuvent dépasser 120 km/h. Le record est de 161,9 km/h (Johan Clarey, Wengen 2013).
Aux Jeux olympiques, quatre épreuves principales structurent le ski alpin : la descente, le super-G, le slalom géant et le slalom. La descente, la plus spectaculaire, se dispute sur des pistes longues de deux à trois kilomètres avec un dénivelé pouvant atteindre 800 à 1 100 mètres.
La diaspora comme pilier
Mialitiana Clerc (slalom féminin) et Mathieu Gravier (slalom géant) ont réussi à se hisser dans le top 50. Le super-G propose un compromis entre vitesse et technicité. Le slalom géant impose des virages plus serrés sur deux manches cumulées. Enfin, le slalom, le plus technique, présente des portes très rapprochées exigeant réflexes et précision extrême.
Chaque épreuve se joue au centième de seconde. La moindre variation de trajectoire, la qualité du fartage des skis ou la lecture du relief peuvent faire la différence.
Pour Madagascar, l’apprentissage et la performance passent nécessairement par l’étranger. Les entraînements se déroulent principalement en Europe ou en Amérique du Nord, dans des stations disposant de glaciers et d’infrastructures adaptées. La préparation ne se limite pas
à la glisse : musculation, travail d’explosivité, équilibre, gainage et préparation mentale sont essentiels pour affronter des parcours où la marge d’erreur est infime.
Selon Philippe Razanakolona, vice-président de la Fédération malgache de ski, « le pays compte aujourd’hui plus de huit athlètes actifs en ski alpin et en ski de fond, dont trois ont déjà atteint les standards olympiques ». Un chiffre significatif pour une nation sans neige.
Dans un contexte où les ressources sont limitées, la stratégie repose sur la diaspora, les partenariats internationaux et une organisation rigoureuse pour maintenir une crédibilité sportive durable.
La présence malgache à Milan-Cortina illustre ainsi l’universalité de l’idéal olympique : même sous les tropiques, la passion et la détermination peuvent ouvrir la voie vers les cimes enneigées.
Donné Raherinjatovo