À Maurice, des opérations policières menées entre le 15 mars et le 7 avril ont conduit à l’incarcération de vingt-neuf travailleurs malgaches en situation irrégulière.
![]() |
| Prison de Beau-Bassin, où des Malgaches attendent leur rapatriement. |
Du 15 mars au 7 avril, vingt-neuf travailleurs malgaches en situation irrégulière ont été arrêtés à Maurice puis envoyés en prison, au Chaland et à Beau-Bassin. Ils seront rapatriés et pourraient faire l’objet d’une interdiction de retour sur le territoire.
Plus récemment, dix Malgaches ont été interpellés à Rivière-des-Anguilles lors d’une opération spéciale, selon Radio One et Le Mauricien. Quelques jours plus tôt, le 1er avril, douze compatriotes — cinq femmes et sept hommes — se sont fait cueillir à Camp-Levieux, d’après Top FM Mauritius. Le 22 mars, six femmes ont été appréhendées à Quatre-Bornes. Enfin, le 15 mars, un homme a été intercepté par le Bureau des passeports et de l’immigration.
Ces arrestations concernent exclusivement des Malgaches, vingt-neuf au total, placés en détention en moins d’un mois. Elles se déroulent dans un contexte où la présence étrangère est massive à Maurice.
Les médias locaux rapportent qu’au 27 mars 2026, 64 165 travailleurs étrangers étaient recensés, dont 50 234 titulaires de permis valides. Mais 6 926 autres, parmi lesquels des Malgaches, vivent sur le territoire avec des permis expirés.
Traite humaine
Radio One souligne que le marché malgache est particulièrement actif, avec 9 749 travailleurs disposant d’un permis en règle, souvent employés comme domestiques.
Par ailleurs, un système informel s’est développé, où de jeunes filles recrutées par des particuliers travaillent pour plusieurs employeurs dans une même région, percevant jusqu’à six fois le salaire minimum pratiqué à Madagascar.
La situation prend une dimension encore plus préoccupante à Antananarivo. Mardi dernier, deux femmes ont comparu devant la Cour criminelle ordinaire pour traite d’êtres humains. Selon les informations recueillies, elles sont accusées d’avoir recruté des candidats souhaitant travailler à Maurice, moyennant 1 500 000 ariary par personne. Certaines victimes n’ont jamais obtenu le travail promis ; d’autres ont pu voyager mais se sont retrouvées sans emploi à leur arrivée, exposées à l’exploitation et à la précarité. Les accusées auraient utilisé de faux documents et appartiendraient à un réseau plus vaste.
Gustave Mparany
