Les jeunes en situation de handicap sont confrontés à des difficultés majeures. Les questions liées aux droits et à la santé sexuelle et reproductive (DSSR) figurent parmi celles-ci et sont encore largement taboues à Madagascar. L’entrée dans la puberté constitue une période particulièrement délicate, tant pour les jeunes que pour leurs familles.
« Ce que nous attendons d’un projet comme M’Iray, ce sont surtout des conseils pour accompagner un jeune autiste à l’âge de la puberté », témoigne Fanja Andrianomenjanahary, mère d’un enfant autiste, lors du lancement officiel du projet M’Iray 2.0 et de l’annonce des Assises régionales des jeunes personnes en situation de handicap sur les DSSR, tenues hier à l’hôtel Sakamanga.
« Ils ont des besoins sexuels qu’ils ne savent pas gérer, ce qui peut conduire à des situations difficiles, souvent incomprises par l’entourage et la société », poursuit-elle.
Lancé dans le prolongement du projet initial M’Iray, M’Iray 2.0 marque une nouvelle étape dans la promotion des droits et de la santé sexuelle et reproductive des jeunes en situation de handicap à Madagascar. Portée par l’association Autisme Madagascar, fondée en 2015 par des parents d’enfants autistes et des volontaires, l’initiative élargit désormais son champ d’action à l’ensemble des handicaps, dans un contexte de refondation de l’État et de quête d’une gouvernance plus inclusive, explique Bodoarifara Ralandison, responsable du projet.
Forte des enseignements tirés du premier projet M’Iray « Handicap, plaisir et santé sexuelle », l’association a constaté que les problématiques liées aux DSSR touchent particulièrement les jeunes en situation de handicap. Mis en œuvre en partenariat avec Amplify Change, M’Iray 2.0 vise à améliorer leur accès à l’information, à l’éducation et aux services de santé sexuelle adaptés, tout en les protégeant contre les violences sexuelles.
Le projet repose également sur le renforcement du pouvoir d’agir des jeunes, afin qu’ils deviennent eux-mêmes des acteurs du plaidoyer et du changement. Cela se traduit par l’organisation d’assises régionales, de formations, l’adaptation d’outils pratiques, ainsi que des actions de communication et de plaidoyer.
Déployé sur 18 mois dans les régions d’Analamanga, Vakinankaratra, Haute Matsiatra et Atsinanana, M’Iray 2.0 évolue dans un environnement encore marqué par la stigmatisation et les préjugés. « Le principal obstacle reste le regard de la société », souligne la mère de l’enfant autiste. L’assimilation du handicap à la folie et le manque de services inclusifs continuent de freiner l’accès aux droits et l’inclusion des jeunes concernés.
Mialisoa Ida