GENDARMERIE NATIONALE - Opération reconquête de la confiance du peuple

Le coup d’envoi des assises nationales pour la refondation de la Gendarmerie nationale a été donné hier au Centre de conférences international d’Ivato. Le mot d’ordre est clair : rétablir la confiance de la population envers les bérets noirs.

Le général Marima Bama, ministre délégué à la Gendarmerie nationale, durant son discours, hier, au CCI Ivato.

Reconquérir la confiance de la population. C’est le mot d’ordre des assises pour la refondation de la Gendarmerie nationale qui ont été lancées au Centre de conférences international (CCI), Ivato, hier. Autant dans les discours que dans les restitutions des premiers travaux, tous se sont alignés sur cet objectif.

Après les événements de septembre et octobre, qui ont sérieusement entaché l’image de la Gendarmerie nationale aux yeux d’une bonne partie de l’opinion publique, l’objectif affirmé dans les discours et les documents de travail d’hier s’impose de lui-même. D’entrée, les premiers responsables des bérets noirs ont donné le ton. « L’enjeu est de réhabiliter la Gendarmerie nationale aux yeux de la population. Nous allons tout faire pour rétablir cette confiance mutuelle », déclare ainsi le général Marima Bama, ministre déléguée à la Gendarmerie nationale.

Le commandement des bérets noirs concède que, pour redorer le blason des gendarmes, il faut passer par une remise en question afin d’identifier les erreurs et les dysfonctionnements. « Bien que beaucoup accomplissent leur mission avec intégrité et professionnalisme, il existe néanmoins certains membres de la Gendarmerie nationale qui outrepassent les règles, ternissent l’image de l’institution et fragilisent le lien entre la Gendarmerie nationale et la population », reconnaît le général Bama.

« Nous devons reconnaître avec humilité, au sein de la Gendarmerie nationale, que diverses situations ont contribué à éloigner les gendarmes de la population. Il existe des insuffisances qui doivent être corrigées et que nous continuons à corriger ensemble », soutient pour sa part le général Nonos Mbina Mamelison, commandant de la Gendarmerie nationale. Comme pour démontrer leur bonne volonté, les bérets noirs ont invité des représentants des jeunes qui ont pris part aux manifestations d’octobre et septembre à participer à la journée de réflexion d’hier.

« La gendarmerie est l’une des institutions les plus proches et les plus en contact avec le peuple. Le moment est venu de corriger les erreurs et de mettre en place de nouvelles stratégies efficaces afin de rétablir, renforcer et améliorer la confiance entre la gendarmerie et la population, et aussi d’améliorer l’image et de restaurer la dignité de la Gendarmerie nationale à la place qui lui revient », est la consigne donnée par le colonel Michaël Randrianirina.

Dépolitisation

Les assises de la Gendarmerie nationale se déplacent dans les différentes circonscriptions de cette entité militaire durant un mois. Ceux qui le souhaitent peuvent aussi envoyer leurs propositions par mail. Au-delà des séquelles laissées par la récente crise politique, les bérets noirs affirment vouloir surfer sur la vague de la refondation pour mener et opérer des changements en profondeur, tant structurels que réglementaires, mais aussi opérationnels.

Le général Mamelison indique ainsi que « la révision des décrets régissant le fonctionnement de la Gendarmerie nationale, restés inchangés depuis les années 60, est également au cœur des discussions au cours de ces assises ». Un décret pris en 1961 porte en effet création du corps des bérets noirs. Et un autre décret, qui date de 1963, concerne le règlement sur le service de la gendarmerie. Les termes de cet acte réglementaire pourraient justement nécessiter une mise à jour ou bien des précisions afin d’annihiler les ambiguïtés.

« La Gendarmerie nationale est une force instituée pour veiller à la sûreté publique, assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des lois réglementaires afin de protéger les institutions, les personnes et les biens. Une surveillance continue, préventive et répressive, constitue l’essentiel de son service », indique l’article premier de ce décret de 1963. Souvent, les décideurs politiques et, suivant les circonstances, même le commandement jouent sur les mots pour justifier des décisions prises ou des dispositifs mis en place. La partie « protéger les institutions » étant mise en avant.

« Dépolitisation de la gendarmerie », « fin de l’instrumentalisation politique » sont justement des mots qui ont été entendus durant la séance de restitution des travaux des huit commissions mises en place durant la journée de réflexion d’hier. Les bérets noirs sont conscients qu’un certain parti pris politique de leurs aînés et de certains anciens du commandement a contribué au dysfonctionnement de la réalisation de leur mission.

Toutefois, ces mots ont également été dits pour dénoncer l’ingérence des politiciens, notamment au niveau local, dans les attributions et même la gestion du personnel de la Gendarmerie nationale. Un autre sujet sur lequel l’abcès a été crevé au CCI Ivato est celui du comportement et de la moralité. Dans l’opération reconquête lancée hier, l’accessibilité et la disponibilité des gendarmes, mais surtout leur probité, sont également des arguments de charme incontournables.

« (...) je vous exhorte à renforcer votre sens des responsabilités dans la lutte contre la corruption, le respect des lois et des règles disciplinaires, l’exécution du travail dans la transparence, l’importance accordée au devoir de rendre compte, le respect des valeurs malgaches, ainsi que le renforcement des relations et de la proximité avec la population », soutient ainsi le Chef de l’État.

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. Dorénavant, les sanctions / PV se feront en chinois ou en russe, comme cela personne ne comprendra !!! La confiance vient de ce que l'on fait et non des paroles paroles paroles ...

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