FRANCE - MADAGASCAR - Un projet de coopération pour le port d’Antsiranana

La signature d’une « déclaration d’intention » sur la modernisation du port d’Antsiranana a conclu la visite de travail du Chef de l’État, en France. Il s’agit d’un projet à fort enjeu économique et stratégique.

La signature de la « déclaration d’intention » sur le port d’Antsiranana a été faite, mardi, au palais de l’Élysée.

Une déclaration d’intention. C’est l’indicatif que la présidence de la Refondation de la République utilise dans son communiqué publié, hier, pour parler de la signature d’un acte bilatéral entre Madagascar et la France portant sur l’économie bleue et le développement du port d’Antsiranana.

Dans une brève vidéo publiée par l’institution présidentielle, le but de l’acte signé mardi au palais de l’Élysée, à Paris, est « l’émergence d’un écosystème de l’économie bleue et le développement des capacités portuaires à Antsiranana ». La signature a été faite par Christine Razanamahasoa, ministre des Affaires étrangères, pour la partie malgache, et Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français à l’étranger, pour la partie française.

Cette signature d’une « déclaration d’intention », sous la houlette d’Emmanuel Macron, président français, et du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, a conclu la visite de travail effectuée par ce dernier en France, indique la missive de la présidence de la Refondation de la République. Sur le plan diplomatique, une déclaration d’intention sert à exprimer une volonté commune de coopération, d’orientation future, de principes partagés ou d’ouverture à des négociations.

La déclaration d’intention permet de créer un climat de confiance ou de poser un cadre général avant des accords plus précis. Sa signature n’oblige pas légalement les parties, mais les engage politiquement. La signature faite, mardi, est la première étape concrète dans l’intérêt manifesté par la France pour le projet de développement et de modernisation du port d’Antsiranana. Un intérêt que les autorités françaises ont déjà fait part à l’administration Rajoelina.

Enjeux économiques et stratégiques

En coulisse, l’ancienne administration étatique avait engagé des démarches pour rechercher un partenariat international pour la mise en œuvre de ces intentions de développer le port d’Antsiranana. Outre la France, des investisseurs venant des Émirats arabes unis auraient également fait part de leur intérêt. Avant le déplacement du colonel Randrianirina en Russie, les médias internationaux ont indiqué que les autorités russes étaient également intéressées par le projet.

Le port d’Antsiranana est l’un des plus grands ports du pays. Sous-exploité, il jouit pourtant d’un atout naturel exceptionnel avec la grande baie et des eaux profondes permettant d’accueillir les grands navires comme les grands porte-conteneurs. Il bénéficie également de l’existence de la Société d’études, de construction et de réparation navales (Secren). L’activité de maintenance des navires commerciaux représente une manne financière considérable. D’autant plus que le port d’Antsiranana se trouve à quelques encablures des principaux couloirs maritimes de l’océan Indien.

Antsiranana héberge également la principale base navale militaire du pays, ce qui lui confère une position stratégique en termes de souveraineté maritime de Madagascar. Du reste, la sécurisation des bateaux qui naviguent sur les autoroutes maritimes autour des mers malgaches représente aussi un grand potentiel de ressources financières, un secteur sur lequel les forces navales pourraient jouer un rôle si elles sont renforcées.

Garry Fabrice Ranaivoson

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