Plusieurs tentatives de sortie illégale d’or et de devises ont été interceptées aux aéroports d’Ivato et de Nosy Be.
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| Le directeur général des Douanes, Antoine Randrianjafy. |
Ces saisies soulèvent des questions sur la coordination des services aux frontières.Le 29 février, lors du traitement du vol EK708 d’Emirates à destination du Royaume-Uni, 7 kg d’or répartis en 19 pièces ont été saisis à Ivato. La découverte a été faite en salle d’embarquement, dans une boutique duty free, après les premiers contrôles. À ce sujet, le directeur général des Douanes, Antoine Randrianjafy, précise : « Il y a un contrôle des bagages, que ce soit à l’entrée ou à la sortie de l’aéroport international. » Il ajoute toutefois que « le contrôle PIF (Poste d’Inspection aux Frontières) n’a rien détecté concernant les personnes interpellées ».
Quelques jours auparavant, le 19 février 2026, une passagère à destination de Dubaï avait été interceptée à Ivato avec 5 809,4 grammes d’or non déclarés, dissimulés dans son bagage à main. Le 18 février, à Nosy Be, deux passagers avaient été arrêtés en possession de 17 750 euros et 242 dollars, dépassant le plafond autorisé.
« Toute devise sortant du territoire doit obligatoirement faire l’objet d’une déclaration », rappelle le directeur général. Il précise également : « Au-delà de 1 000 euros, des justificatifs sont exigés, notamment une attestation bancaire. »
Interrogations
Dans ces affaires, les marchandises ont été placées sous scellés et des signalements pour blanchiment de capitaux ont été effectués. « L’enquête est toujours en cours », indique le responsable. L’or saisi est actuellement conservé à la Banque centrale.
La succession de ces interceptions met en lumière la complexité du dispositif de contrôle aux frontières. Le PIF (Poste d’Inspection aux Frontières) est un point de contrôle officiel présent dans les aéroports, ports et postes frontaliers. Il a pour mission de contrôler et d’inspecter les marchandises afin d’empêcher la sortie ou l’entrée de produits interdits, notamment d’origine animale ou végétale.
Le directeur général des Douanes souligne cependant que « le contrôle PIF n’est pas assuré par les agents des Douanes mais par une autre entité ». Selon lui, « il y aurait eu complicité », tout en précisant que « la procédure judiciaire suit son cours ».
À ce stade, les autorités n’évoquent pas officiellement une complicité interne. Toutefois, la répétition d’interceptions impliquant de l’or et des devises, parfois découvertes après les premiers filtres, alimente les interrogations sur d’éventuelles failles organisationnelles ou sur la nécessité de renforcer la coordination entre services. Les investigations en cours devront établir les responsabilités et déterminer s’il s’agit de négligences isolées ou d’un schéma plus structuré.
Irina Tsimijaly
