FOOTBALL – MADAGASCAR - Les formateurs portugais soulignent un manque de visibilité

Deux formateurs portugais ont partagé leurs expériences aux coaches et aux jeunes footballeurs de la capitale. Ils se disent satisfaits de l’organisation et séduits par le talent des jeunes.

Les formateurs portugais, Guilherme Farinha et Rui Fernandes.

À l’initiative de l’école Dream Team Foot Mada, deux formateurs portugais, Guilherme Farinha, diplômé Fifa-Pro, et Rui Fernandes, UEFA-C, ont animé des formations du 12 au 21 février. Cent trente-cinq joueurs et vingt-six coaches ont bénéficié des séances théoriques et pratiques à Betongolo et à Ambatolampy Tsimahafotsy. «Un de vos blocages est que vous n’avez pas assez de visibilité. Vous n’avez pas assez de moyens pour participer à des tournois internationaux alors que les joueurs pourraient y être repérés, et les enfants issus des familles modestes figurent souvent parmi les plus doués. Ils sont à l’aise avec les deux jambes», a évoqué Rui Fernandes. 

Ces techniciens avaient déjà travaillé dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, ainsi que dans d’autres continents. Les tournois organisés au Portugal et en Europe sont des vitrines pour les jeunes, « nous invitons plus d’une quinzaine d’équipes d’Afrique, c’est une occasion pour montrer la qualité du football malgache », a-t-il poursuivi. 

« À mon arrivée, j’étais très curieux d’en savoir un peu plus sur le football malgache. Vous avez du talent et vous avez un avenir. Vous devez être plus organisés et disciplinés. Avec plus de travail, avec leur niveau, ils pourraient intégrer des clubs en Europe. Les coaches ont quant à eux besoin de plus d’échanges avec ceux d’autres pays. Après deux ou trois ans, Madagascar pourrait devenir l’un des meilleurs pays en Afrique », a souligné Guilherme Farinha.

Carrière internationale

Madagascar devrait se focaliser sur les plus jeunes. « Ils sont plus réceptifs à leur jeune âge, respectueux et disciplinés, faciles à corriger et ne sont pas encore trop occupés par leurs études ou leur vie d’adolescents », a précisé Rui. Les jeunes devraient aussi disputer beaucoup de compétitions. « Vous avez beaucoup de tournois de quartiers. En Europe, il y en a au maximum 5 %. Ils peuvent y jouer, mais il faut les intégrer dans des clubs avec de bonnes conditions d’apprentissage », a conseillé Farinha. 

Poursuivre une carrière en Europe est possible mais coûteux selon ces techniciens. Il faut beaucoup de moyens pour participer aux tournois internationaux et « il faut prendre en charge le joueur pendant la période d’essai pour ceux repérés par les clubs à l’étranger. De plus, il faut avoir un tuteur honnête et travailler surtout avec un agent sérieux », a avisé Rui. 

Les formateurs ont par ailleurs salué l’organisation exemplaire des dix jours de formation et se sont déclarés impressionnés par le potentiel des jeunes. Cette année, Dream Team Foot Mada prendra part à deux tournois internationaux pour les catégories U14, U15 et U17 : l’IberCup, prévue au Portugal du 29 mai au 5 juin, puis la Gothia Cup, organisée en Suède du 12 au 18 juillet.

Serge Rasanda

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