Un avenir périlleux. De nombreux jeunes se sentent mal préparés à la vie après l’école, sont déconnectés des réalités économiques et parfois même invisibles dans le système éducatif, selon la recherche effectuée par Ifaliana Rasidinantenaina, étudiante en informatique et activiste engagée pour le droit à l’éducation. Cette boursière du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), dans le cadre du programme Youth Foresight Fellowship, constate que le problème n’est pas seulement l’accès à l’éducation, mais aussi «la pertinence de ce qui est enseigné».
Pour y remédier, cette co-chair du groupe de travail Inclusion, Équité et Égalité de genre du Réseau mondial des jeunes pour l’Objectif de développement durable (ODD 4) – Éducation 2030, soutenu par les Nations unies et l’Unesco, propose notamment d’intégrer dès le secondaire des compétences pour la vie : numérique, entrepreneuriat, pensée critique et compétences socio-émotionnelles. «Il est aussi essentiel de préparer la vie après l’école, en valorisant des approches ancrées dans nos valeurs locales comme le Fihavanana et le Farimbona. Enfin, il faut institutionnaliser les stages, les programmes travail–études, renforcer les activités extrascolaires et coconstruire les curricula avec les entreprises, les organisations non gouvernementales (ONG) et les partenaires internationaux», indique-t-elle.
Elle recommande, par ailleurs, la consultation des jeunes. «Si les jeunes étaient au centre du système éducatif, le système ne produirait plus des jeunes qui rêvent de partir par défaut, mais des jeunes capables de se projeter, de créer et de transformer leur pays. L’éducation deviendrait un moteur de dignité, d’opportunités et d’espoir», conclut Ifaliana Rasidinantenaina.
Miangaly Ralitera