Double impact

La période cyclonique a toujours été une aubaine pour solliciter l’aide internationale depuis la seconde république. Les pays étrangers et les bailleurs de fonds ne se sont jamais fait tirer l’oreille pour venir au chevet de Madagascar. Certaines aides arrivent de manière prompte, d’autres surviennent un an, ou plus, plus tard. Le montant de l’assistance internationale se comptait toujours par centaines de milliards d’ariary.

Durant les années socialistes, le Comité National de Secours a été chargé de gérer les aides avec plus ou moins d’efficacité et d’honnêteté. Bon an mal an, des plaines de détournements des aides ont émaillé cette période. C’est la raison pour laquelle le Bureau National de Gestion des Risques de Catastrophes a été créé pour une meilleure distribution des aides, en nature ou en espèces sonnantes et trébuchantes pour que les sinistrés en soient les seuls bénéficiaires et de manière égalitaire.

Le désastre et les dégâts survenus à Toamasina après le passage du cyclone Gezani sont sans pareil. Jamais on a assisté à un spectacle aussi impressionnant par l’ampleur de la catastrophe. C’est plus qu’une ville qui a été touchée et peu d’édifices ont pu tenir tête à la puissance des rafales.

La situation est ainsi exceptionnelle autant par le nombre des sinistrés éparpillés un peu partout et dont le recensement est compliqué que par l’envergure des dégâts. 

Ce qui rend difficile la distribution des aides. Il faut à la fois couvrir toute une ville et s’occuper de centaines de milliers de personnes. Sans une organisation bien rodée où il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, rapidité et efficacité, on n’est pas à l’abri de bourdes et de maladresses. 

Le gouvernement a montré son intransigeance dans la gestion impeccable des aides mais cela nécessite la mobilisation de beaucoup de personnes pour accomplir les tâches. Seul, le BNGRC ne pourra jamais y parvenir. Les armées malgache et française prêtent déjà main forte, mais le concours de bénévoles, des ONG, des organismes internationaux, des volontaires... doit être sollicité.

Avec ou sans Gezani, le gouvernement avait déjà fixé de privilégier les projets qui ont des impacts directs sur la population comme l’électricité et l’eau. Avec les dégâts causés par Gezani, la situation empire, mais si les aides sont bien gérées, les problèmes seront allégés. Les aides visent un double impact. D’abord, répondre aux urgences et sortir la population de la précarité, ensuite, permettre aux gens de reconstruire de manière durable et repartir sur de bonnes bases. Un double objectif d’autant plus difficile qu’il faut avoir une expertise de la gestion de ce genre de sinistre que les moyens manquent pour assainir dans les meilleurs délais la ville de Toamasina. La gestion des aides est une chose, nettoyer la ville en est une autre et ce n’est pas la plus facile.

Sylvain Ranjalahy 

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