La délégation conduite par le Chef de l’État est arrivée en Russie, hier. Avant son départ, le colonel Randrianirina a déclaré que ce déplacement est la mise en œuvre de la diplomatie tous azimuts.
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| Le Chef de l’État, accompagné de son épouse, à leur arrivée à Moscou, Russie, hier. |
Un attachement au multilatéralisme. C’est l’argument mis en avant par le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, pour défendre son déplacement en Russie.
« Une visite officielle », à l’invitation des autorités russes, indique-t-il.
« Nous avons accepté l’invitation adressée à nous, Malgaches, par la Russie, pour nous y rendre. La seconde raison est de manifester notre attachement au multilatéralisme, c’est-à-dire une diplomatie tous azimuts. Autrement dit, il ne s’agit pas de choisir nos partenaires en fonction des pays, mais d’entretenir des relations avec tout État que nous estimons susceptible d’apporter des bénéfices au peuple malgache », sont alors les mots de l’officier supérieur dans une brève déclaration publiée par la présidence de la Refondation de la République, à Ivato, avant son départ.
Le Chef de l’État et sa suite sont arrivés à Moscou, capitale de la Russie, hier, en fin d’après-midi, heure malgache. Une rencontre avec Vladimir Poutine, président russe, sera le point culminant de ce déplacement du colonel Randrianirina. Au regard de la composition de la délégation, il est probable que des accords de coopération dans le domaine économique, dans le secteur de l’énergie et des hydrocarbures, ainsi que celui des mines et des ressources stratégiques, soient au programme de cette visite officielle. Les ministres chargés de ces départements, ainsi que la ministre des Affaires étrangères, sont, en effet, du voyage.
Le colonel Randrianirina devrait également profiter de cette rencontre avec Vladimir Poutine pour réaffirmer le souhait de Madagascar de devenir un pays partenaire des BRICS. Une organisation intergouvernementale qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, entre autres. Une demande que le Chef de l’État a déjà faite à son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, lors de sa visite de travail dans le pays arc-en-ciel, le 16 janvier.
Le renforcement de la coopération militaire et sécuritaire entre Madagascar et la Russie devrait aussi être au menu des discussions entre les deux Chefs d’État. Depuis le mois de décembre, la Russie reprend les livraisons d’armes et d’équipements militaires à la Grande Île. Cent quarante instructeurs militaires russes sont également dans le pays depuis janvier.
Appréhensions
Selon des médias internationaux, une éventuelle coopération pour la modernisation et la co-gestion du port d’Antsiranana, avec la question de la sécurité maritime en option, pourrait aussi être discutée durant cette visite officielle en Russie. La résurrection de la Société d’étude, de construction et de réparation navale (Secren) pourrait aussi être comprise dans le package.
Les installations navales et portuaires d’Antsiranana se trouvent à quelques encablures d’importantes voies commerciales maritimes. Elles représentent ainsi des enjeux économiques, mais aussi sécuritaires et géostratégiques importants. À écouter la déclaration du colonel Randrianirina avant son départ, il est visiblement conscient des éventuelles appréhensions que peuvent susciter cette visite officielle, de la part des autres partenaires de Madagascar, notamment les Occidentaux.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les relations entre la Russie et le bloc occidental, notamment les Européens, sont tendues et marquées par des confrontations diplomatiques, économiques et stratégiques. Il est probable que les Occidentaux ne soient pas enchantés par ce rapprochement affirmé de l’administration de la Refondation avec le Kremlin.
En coulisse, le malaise est palpable au sein du corps diplomatique occidental face à la situation. Tout en affirmant le respect de la souveraineté malgache dans ses choix en matière de relations internationales, certains mettent cependant en avant que leur pays ou l’entité qu’ils représentent « sont des partenaires commerciaux et de développement historiques et indéfectibles » de la Grande Île. La Russie étant à la traîne sur le volet partenariat commercial et de développement, que ce soit à Madagascar ou dans d’autres pays.
D’autres voix diplomatiques prennent comme exemple leur promptitude dans la mobilisation des aides d’urgence et pour la reconstruction post-cyclonique. Sur ce point, la Russie veut visiblement rattraper son retard. Hier, l’ambassade de Russie a fait part de la livraison d’équipements logistiques, dont « un hélicoptère MI-8, des camions », pour acheminer l’aide humanitaire vers les zones touchées par les intempéries. Une livraison faite via un avion cargo.
La communication de l’ambassade russe est bétonnée par un communiqué de la présidence de la Refondation de la République, qui ajoute qu’un pont Bailey sera aussi acheminé par bateau et que l’avion cargo a également livré des denrées alimentaires. La missive de l’institution présidentielle note, du reste, qu’une fois la mission d’aide aux sinistrés terminée, l’hélicoptère et les camions russes seront affectés à des missions militaires et sécuritaires.
Garry Fabrice Ranaivoson

Le choix est fait. Le peuple aura t il son mot à dire ? En tout cas faudra pas regretter ce type de "relations" plus tard !!!
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