Les partenaires internationaux affirment être prêts à apporter leur soutien à Madagascar dans le cadre des réponses d’urgence et du relèvement après le passage du cyclone Gezani. Ils ont été nombreux à se rendre à Toamasina, hier, et ont tenu une réunion de travail avec le Chef de l’État.
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| Une séance de prière avant d’entamer la réunion entre le Chef de l’État et les bailleurs, hier, à Toamasina. |
«Les amis de Madagascar sont au rendez-vous.» C’est avec ces mots qu’Anthony Ngororano, coordonnateur résident du Système des Nations Unies (SNU), résume l’engagement de la communauté internationale aux côtés de Madagascar, dans la réponse d’urgence et le relèvement après le passage du cyclone Gezani.
Plusieurs ambassadeurs et représentants d’organisations internationales se sont rendus à Toamasina, hier, pour constater l’ampleur des dégâts laissés par la tempête tropicale intense. Cette mobilisation internationale est une réponse à l’état de sinistre national décrété en Conseil des ministres, mercredi. Elle fait également suite à l’appel solennel à la solidarité internationale émis par le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État.
Les représentants des partenaires et bailleurs internationaux de la Grande Île ont tenu une réunion d’une trentaine de minutes avec le locataire d’Iavoloha et les ministres présents à Toamasina, hier matin. Ce qui leur a permis d’avoir une idée précise des besoins en termes d’aide. « La priorité est la distribution de vivres. Elle doit commencer rapidement, mais surtout aussi la reconstruction des infrastructures de santé et d’éducation qui sont totalement détruites », a souligné le Chef de l’État à l’entame de cette réunion.
« Nous sommes prêts à vous apporter notre soutien », assure Hitoshi Tojima, ambassadeur du Japon, présent sur le terrain à Toamasina, quelques jours après sa prise de fonction dans la Grande Île. « Au nom du PAM, je tiens aussi à vous exprimer toute notre solidarité. C’est une situation très inquiétante. Nous sommes ensemble », enchaîne Tania Goossens, représentante résidente et directrice pays du Programme alimentaire mondial (PAM).
« Je suis accompagnée par une représentation internationale de la communauté internationale. (...) Nous sommes aussi venus pour affirmer que la communauté internationale marche côte à côte avec le peuple malgache. (...) Nous sommes aussi ici pour nous rendre compte de la situation, pour réfléchir et aller ensemble sur la question de la réponse, la question de la reconstruction et bien sûr la question de la résilience », renchérit Anthony Ngororano face à la presse à l’issue de la réunion de travail.
Fonds d’urgence et de contingence
Le coordonnateur résident du Système des Nations Unies parle également de mobilisation des fonds nécessaires aux aides d’urgence et à la reconstruction. «Nous avons ici, parmi nous, un bon nombre de partenaires à travers lesquels nous avons pu positionner des ressources financières pour l’anticipation et aussi la réponse», ajoute-t-il. L’estimation financière des dégâts n’a pas été indiquée à la presse, hier. Pareillement pour les fonds que compte mobiliser la communauté internationale.
Cependant, il est clair que les besoins pour les réponses d’urgence et la reconstruction s’annoncent tout autant colossaux que l’étendue des dégâts. Sur le plan humain, le dernier bilan publié par le Bureau de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), hier à 16 heures, rapporte trente-huit décès et plus de deux cent soixante mille sinistrés. La majorité des infrastructures à Toamasina et plus largement dans la région Atsinanana sont fortement endommagées. De même pour les habitations. À cela s’ajoutent les dégâts dans les quatre autres régions touchées par Gezani.
Il faudra aussi prévoir des compensations aux éventuels impacts du cyclone sur la production agricole. Par ailleurs, les réponses d’urgence et la reconstruction concernent aussi les zones sinistrées suite au passage de la tempête tropicale Fytia. Dans l’immédiat, Madagascar peut compter sur des fonds d’urgence et des fonds de contingence pour accélérer les aides aux sinistrés et démarrer la reconstruction.
Dans un communiqué publié hier, la présidence de la refondation de la République confirme le décaissement d’une enveloppe de 5 millions de dollars par le SNU, via le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF). Il y a aussi le fonds prévu dans le Programme régional de préparation aux situations d’urgence et de relèvement inclusif (REPAIR), en partenariat avec la Banque mondiale, d’un montant de 11 millions de dollars, selon le ministère de l’Économie et des Finances.
Toujours en partenariat avec la Banque mondiale, une enveloppe d’un peu plus de 19 millions de dollars devrait être bientôt disponible dans le cadre du Projet contingent d’intervention d’urgence (CERP). Si besoin, Madagascar pourra aussi avoir rapidement accès au financement des prêts d’investissement de l’Association internationale de développement (IDA), par le biais du CERP.
En mission à Genève, en Suisse, Herintsalama Rajaonarivelo, Premier ministre, s’active également pour mobiliser les partenaires internationaux afin qu’ils contribuent au processus de relèvement post-cyclonique. En réponse, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a remis un soutien financier d’urgence d’un montant de 250 000 dollars en faveur de la riposte cyclonique. La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) octroie également une aide d’urgence d’un million de dollars.
Garry Fabrice Ranaivoson
